Centrafrique: Bangui, patrouillée par l'armée française, reprend vie

7 décembre 2013 à 6h41 par La rédaction

Bangui (AFP)

Les habitants de Bangui recommencent à sortir dans les rues, samedi matin après être restés terrés 48 heures dans leurs maisons, terrorisés par l'explosion de violences et de tueries qui a frappé la capitale centrafricaine, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des patrouilles de blindés de l'armée française étaient également visibles dans la ville.L'une d'elle est venue tourner devant l'entrée du palais présidentiel peu avant 07H30, a constaté l'AFP.

Selon des habitants interrogés par téléphone, seuls quelques tirs sporadiques d'armes automatiques ont émaillé la nuit, sans commune mesure avec les deux nuits précédentes.Aucun bilan d'éventuelles victimes de ces tirs n'était disponible samedi en début de matinée.

Les hommes en armes étaient également nettement moins nombreux à déambuler dans la ville que les jours précédents.

La présidence centrafricaine a demandé vendredi à toutes les forces de défense et de sécurité de regagner leurs casernes, autorisant seules les forces africaine, française et la sécurité présidentielle à patrouiller dans Bangui.En fin de journée, cette demande était restée lettre morte, ont constaté des journalistes de l'AFP.

En fin de soirée, certains ont commencé à se retirer des quartiers, selon des habitants."C'est flagrant, ils sont moins nombreux", disait l'un d'eux, ajoutant: "la présence des Français rassure".

Dès la levée du couvre-feu à 06H00 (05H00 GMT), des habitants ont commencé à marcher le long des boulevards de la capitale, totalement déserts les deux jours précédents, à la recherche de commerces ouverts.Dans certains quartiers, "une petite activité a repris.Des femmes commerçantes font des beignets, de la bouillie", racontait un habitant.

Jeudi, avant l'aube, de violents affrontements avaient éclaté dans la capitale, qulques heures avant le feu verrt de l'ONU à une opération de forces africaines et française pour rétablir la sécurité en Centrafrique.Ces violences ont fait au moins 300 morts, a indiqué vendredi soir à l'AFP un responsable de la Croix-rouge centrafricaine, sous couvert d'anonymat.

La mission des militaires français, en appui de la force africaine sur place, est d'assurer "une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en oeuvre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.