Contrôles au faciès : adieu le récépissé !

Par La rédaction

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a fait marche arrière. Il avait suggéré en juin la possibilité que les policiers donnent un récépissé aux personnes qu'ils contrôlent et sur lequel figurerait leur numéro de matricule. Il enterre maintenant le projet, sous l'influence de son ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, sous prétexte que cette mesure serait « beaucoup trop bureaucratique et lourde à gérer » .L'idée de départ était de tenir un des engagements de campagne de Hollande. Il visait à mettre fin au contrôle au faciès dont sont trop souvent victimes les jeunes arabes ou noirs. Mais immédiatement, des syndicats de policiers s'étaient élevés contre ce projet, s'insurgeant contre le fait que l'on puisse « stigmatiser la police comme étant une police raciste » et « jeter le discrédit sur l'honnêteté morale des policiers en laissant penser qu'ils font des contrôles en dehors de la loi ».C'est avec incompréhension que les Jeunes Socialistes ont accueilli hier soir l'annonce par Jean-Marc Ayrault de l'abandon de l'attestation de contrôle d'identité, avant même la fin de la concertation et la remise du rapport du Défenseur des Droits sur les relations citoyens-police.Pourtant, [plusieurs études->http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/] ont montré que l'apparence des personnes, à commencer par la couleur de la peau, était le premier critère de contrôle, et non leur comportement. Ainsi par exemple, [selon le CNRS->http://www.cnrs.fr/inshs/recherche/docs-actualites/rapport-facies.pdf], dans certains endroits comme les stations parisiennes de la Gare du Nord ou de Châtelet-les-Halles, on a jusqu'à onze fois plus de risques d'être contrôlé lorsqu'on est noir et quinze fois plus si l'on est maghrébin, en plus d'être jeune, de sexe masculin et habillé comme le sont les jeunes de milieux populaires !Entre les Arabes et les Noirs victimes de discrimination raciale et les policiers dont il ne faut pas froisser la susceptibilité, Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault semblent donc avoir choisi leur camp ! Kadiatou-cherif Diawara