Côte d'Ivoire: Guillaume Soro fait appel de sa condamnation à perpétuité

1er juillet 2021 à 12h20 par AFP

AFRICA RADIO

L'ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a fait appel de sa condamnation la semaine dernière, par contumace, à la prison à perpétuité pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", a annoncé jeudi un de ses avocats.


"Nous avons introduit un recours en appel contre ce verdict et avons saisi des juridictions internationales, notamment la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP)", a déclaré à l'AFP Souleymane Diallo.Le 23 juin, la Cour d'assises d'Abidjan avait condamné M. Soro à la perpétuité et à 20 ans de prison ses principaux coaccusés, Souleymane Kamagaté, son ex-chef du protocole, Affoussy Bamba, son ancienne ministre et Touré Moussa, son ancien chef de la communication."Ce procès s'est tenu au mépris et en violation des règlements et de plusieurs décisions de la Cour africaine", a estimé Me Diallo, soulignant que "la Côte d'Ivoire s'est illustrée de la plus mauvaise des manières vis-à-vis des juridictions internationales".Le 22 avril 2020, la CADHP avait ordonné à Abidjan de suspendre son mandat d'arrêt contre M. Soro et de remettre en liberté 19 de ses proches condamnés le 23 juin. Mais les autorités ivoiriennes avaient estimé que les décisions de la Cour africaine portaient "atteinte à la souveraineté de l'Etat de Côte d'Ivoire, à l'autorité et au fonctionnement de (sa) justice".Le 23 juin, la cour d'assise avait également ordonné la dissolution du mouvement de M. Soro, Générations et peuples solidaires (GPS), accusé de se livrer à "des actes subversifs"."Pour lui ce sera la prison à perpétuité", avait déclaré en octobre 2020 le président Alassane Ouattara au sujet de Guillaume Soro, son ancien allié, accusé d'avoir fomenté avec ses partisans une "insurrection civile et militaire" visant à renverser le pouvoir lors de son retour avorté en Côte d'Ivoire en décembre 2019.Guillaume Soro, 49 ans, qui vit en exil, et ses coaccusés étaient accusés de "complot", "tentative d'atteinte contre l'autorité de l'Etat" ainsi que de "diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des populations".Chef de la rébellion qui contrôlait la moitié Nord de la Côte d'Ivoire dans les années 2000, Guillaume Soro avait aidé militairement Alassane Ouattara à accéder au pouvoir lors de la violente crise post-électorale de 2010-2011 face au président sortant Laurent Gbagbo qui refusait d'admettre la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de fin 2010.Guillaume Soro était devenu le premier chef du gouvernement de M. Ouattara, puis avait été nommé en 2012 président de l'Assemblée nationale, poste qu'il a occupé jusqu'en 2019.Mais les deux hommes se sont peu à peu brouillés, jusqu'à la rupture consommée début 2019, en raison, selon les observateurs, des ambitions présidentielles de M. Soro.En avril 2020, M. Soro avait déjà été condamné à 20 ans de prison pour recel de détournement de deniers publics pour avoir tenté, selon la justice, de s'approprier une résidence achetée par l'Etat pour le loger lorsqu'il était Premier ministre.Cette condamnation avait justifié l'invalidation de sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020.