Côte d'Ivoire: le frère emprisonné de Guillaume Soro hospitalisé, atteint du conronavirus

Par AFP

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Le frère cadet de Guillaume Soro, Simon Soro, en détention depuis décembre dans le cadre des accusations d'insurrection contre l'ancien chef de la rébellion, a été hospitalisé dans une clinique d'Abidjan, atteint du coronavirus, a appris l'AFP samedi auprès de ses avocats.

"Simon Soro a été transféré de sa prison à Abengourou (à 200 km à l'est d'Abidjan). Son état est grave. Il toussait et avait du mal à respirer", a affirmé à l'AFP l'ancienne ministre Me Affoussiata Bamba Lamine, qui fait partie du collectif d'avocats défendant Guillaume Soro, qui s'est déclaré candidat à la présidentielle prévue fin octobre. "Il était en pleine santé le 23 décembre (jour de son arrestation). Il y a le Covid en prison, il faut le dire. On avait demandé à ce qu'on libère les détenus aux peines légères ou ceux arrêtés pour des raisons politiques, en raison de l'épidémie. S'il arrive quelque chose à M. (Simon) Soro, il faut que le président Alassane Ouattara en assume les conséquences", a-t-elle estimé. "L'Etat de Côte d'Ivoire est pleinement responsable (...) de la dégradation de l'état de santé de M. Simon Soro, tant en raison de son maintien (...) illégal (en détention), mais également du fait qu'il ait contracté la maladie à coronavirus, en son lieu d'incarcération", soulignait-elle dans un communiqué diffusé vendredi.Une quarantaine de personnes sont actuellement écrouées dans le cadre de l'enquête sur la "tentative d'insurrection" présumée de Guillaume Soro. Dix neuf proches de M. Soro, dont cinq députés ainsi que Simon Soro, avaient été arrêtés en décembre pour complicité dans l'un ou l'autre volet de l'affaire.M. Soro, 47 ans, qui vit en exil en France, nie toutes les accusations le concernant et a qualifié son procès par contumace de "parodie".Longtemps allié du président ivoirien Alassane Ouattara, qu'il a aidé, en tant que chef de la rébellion, à accéder au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro était devenu Premier ministre, puis président de l'Assemblée nationale, avant de rompre avec le chef de l'Etat début 2019.Guillaume Soro a en outre été condamné à 20 ans de prison avec privation des droits civique pour "recel de détournement de deniers publics" et "blanchiment de capitaux.