Crise en Guinée-Bissau: le président persiste à défier la communauté internationale

31 octobre 2019 à 17h37 par AFP

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Le président de la Guinée-Bissau José Mario Vaz a nommé jeudi un nouveau gouvernement et continué à défier la communauté internationale qui refuse le limogeage du précédent.

La persistance de M. Vaz maintient ce petit pays pauvre de moins de deux millions d'habitants en état de crise politique chronique et nourrit l'incertitude sur la tenue de l'élection présidentielle à la date prévue du 24 novembre.La Guinée-Bissau avait de fait deux gouvernements jeudi, celui démis cette semaine par le président n'acceptant pas de céder la place.Après avoir remercié le gouvernement d'Aristides Gomes avec effet immédiat lundi soir, et nommé mardi Faustino Imbali nouveau Premier ministre, le président a publié jeudi un décret portant nomination de 17 ministres et 14 secrétaires d'Etat. Nombre de membres de ce cabinet avaient servi dans un gouvernement de transition après le coup d'Etat de 2012.Le mandat de M. Vaz lui-même a expiré en juin, mais la communauté internationale a accepté qu'il reste à son poste jusqu'à la présidentielle. Il est candidat à sa propre succession.Les agissements de M. Vaz ont été désavoués par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), médiatrice dans la crise, l'ONU, l'Union africaine ou encore l'Union européenne. Elles affirment leur attachement au processus fixé en juin par la Cédéao. Celle-ci chargeait le gouvernement démis lundi par M. Vaz de préparer la présidentielle et de diriger jusque-là les affaires du pays.Les organisations internationales ont plus ou moins ouvertement déclaré "illégales" les décisions de M. Vaz. Elles insistent sur le bon déroulement du processus électoral.Le gouvernement démis lundi "est le seul pouvoir exécutif légitime en Guinée-Bissau", a dit l'UE dans un communiqué.La situation devait être évoquée jeudi au cours d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.Le président Vaz a assuré que la présidentielle aurait bien lieu le 24 novembre.Depuis son indépendance conquise de haute lutte en 1974, l'ancienne colonie portugaise est allée de putsch en tentatives de coups d'Etat et d'un gouvernement à l'autre. La présidentielle est supposée maintenir le cap de la légalité constitutionnelle retrouvé avec l'élection de M. Vaz en 2014. Au-delà de l'enjeu démocratique, la communauté internationale s'inquiète du risque d'instabilité.