Explosions en Guinée équatoriale: HRW réclame une enquête indépendante

Par AFP

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Les explosions qui ont ravagé un camp militaire et d'innombrables habitations en Guinée équatoriale ont fait "bien plus" de victimes que les 105 morts et 615 blessés annoncés par les autorités de ce pays, a estimé mercredi Human Rights Watch (HRW), réclamant une enquête internationale sur leur origine.

Le président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige ce petit État d'Afrique centrale d'une main de fer depuis 42 ans en s'appuyant notamment sur l'armée, a blâmé les responsables du camp de Nkoa Ntoma, à Bata, d'avoir stocké les explosifs à l'origine dimanche de quatre déflagrations meurtrières si près de quartiers d'habitations.Le bilan officiel provisoire mardi soir était de 105 morts et 615 blessés, mais HRW estime dans un communiqué qu'il est "bien plus élevé", en se basant sur des témoignages et "le nombre de corps extraits des décombres" à ce stade.Quatre terrifiantes explosions selon les témoins ont ravagé en plein milieu de l'après-midi la totalité des édifices de ce camp qui abritait des militaires et leurs familles mais aussi d'innombrables immeubles et maisons d'habitations dans les quartiers alentours.Dès dimanche soir, le président Obiang avait annoncé une enquête pour déterminer les responsabilités, affirmant que le sinistre avait pour origine un feu d'écobuage mal maîtrisé d'un fermier à proximité des stocks d'explosifs et de munitions. Il avait accusé déjà les responsables du camp de "négligences". Des accusations réitérées mardi, le chef de l'État blâmant les responsables des dépôts d'avoir "vraiment commis une imprudence".HRW évoque d'autres pistes, en se basant sur des "récits non vérifiés" cependant: "un feu de broussailles" allumé par des soldats qui en avaient reçu l'ordre, ou bien un "entraînement aux d'explosifs qui a mal tourné"."Les autorités devraient inviter des experts internationaux pour mener une enquête indépendante" sur les origines du drame, écrit HRW, ajoutant: "les Equato-Guinéens ont le droit de savoir pourquoi les militaires ont stocké des explosifs au milieu de zones habitées".Malabo multiplie les appels à l'aide internationale pour faire face aux dévastations humaines et matérielles de ce drame, qui survient, selon le président Obiang, en pleine crise économique alimentée par la pandémie de covid-19 et la chute des prix des hydrocarbures pour ce pays qui vit essentiellement de ses revenus du pétrole et du gaz mais où plus de la moitié de la population survit sous le seuil de pauvreté selon l'ONU.Mais pour HRW, "l'aide internationale doit être décaissée directement au profit aux personnes affectées". "La corruption a longtemps empêché ce pays riche en pétrole de développer des services publics et de fournir une protection sociale à la mesure de ses ressources, et le maintien d'une gouvernance opaque expose toute aide directement versée au gouvernement au risque élevé d'être pillée", avance l'ONG.