Gabon: peu d'affluence pour un scrutin législatif acquis au pouvoir

Par La rédaction

LIBREVILLE (AFP) - (AFP)

Les bureaux de vote censés accueillir quelque 700.000 électeurs gabonais, ouverts avec au moins une heure de retard, ont connu peu d'affluence samedi matin, pour un scrutin législatif semblant d'ores et déjà acquis au Parti démocratique Gabonais (PDG) du président Ali Bongo.

 Le scrutin destiné à renouveler les 120 députés de l'assemblée nationale gabonaise a démarré ce matin à 08h00 locales (07h00 GMT), soit avec une heure de retard.Dans les bureaux visités par des journalistes de l'AFP, une très faible affluence a été constatée, alors que l'un des enjeux principaux de cette journée sera le taux de participation après l'appel d'une partie de l'opposition à boycotter, voire entraver les opérations de vote.

A l'école publique Ba-Oumar du quartier Bas de Gué-gué de Libreville, seuls quatre votants étaient présents à l'ouverture, alors qu'à l'école communale de Médouneu (nord), une seule personne attendait pour passer dans l'isoloir.

"Je suis venu tôt car j'ai d'autres choses à faire, il y a eu un mot d'ordre d'appel au boycott mais le vote est un devoir civique", a déclaré Lucien-Patrick Landoubé, enseignant, le premier votant de l'école de Médouneu où en fin de matinée les assesseurs attendaient toujours les électeurs.

"C'est le devoir d'un citoyen d'aller voter, mais c'est vrai qu'il n'y a pas grand monde", a affirmé à Médouneu Antoinette Ntsame-Sima, une électrice.

Même constat à Port-Gentil (ouest), la capitale économique où, d'après Yves Meussini-Kombila, président d'un bureau de vote du 4e arrondissement "Nous avons ouvert à huit heures mais les électeurs viennent au compte-goutte".

Les résultats, qui devraient être connus "probablement jeudi" selon une source proche de la commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap), conforteront très probablement la majorité absolue du PDG au pouvoir qui dispose aujourd'hui avec ses alliés de 98 des 120 sièges.

Pour son parti, Ali Bongo a mené une campagne principalement tournée vers les signes visibles de la politique menée depuis 2009, année de son élection contestée après le décès de son père le président Omar Bongo.

Absence d'opposition et campagne terne

Politique de "grands chantiers", qui transforme peu à peu le visage de Libreville, organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2012 (CAN) que tout le monde croyait impossible: Ali Bongo défend un bilan de rupture avec la politique menée par son père pendant plus de quatre décennies.

L'opposition quant à elle, divisée entre boycott et participation, dénonce déjà les résultats: "On ne cautionne pas la mascarade électorale.Les gens du PDG vont bourrer les urnes.La participation sera très faible.Ils vont gagner mais quel intérêt?Quelle honte!", a notamment déclaré vendredi la principale figure l'Union nationale (UN, dissoute en janvier 2011) André Mba Obame, dit "AMO", appelant les électeurs à "rester à la maison" le jour du vote.

Début novembre, l'UN avait signé avec 12 autres partis d'opposition dont la plate-forme de la société civile "Ca suffit comme ça" un appel au "peuple gabonais à s'opposer et à empêcher l'organisation des élections" dénonçant l'absence du recours à la biométrie contre la fraude avec un slogan: "pas de biométrie, pas de transparence, pas d'élection".

Autre parti majeur de l'opposition, l'Union du peuple gabonais (UPG) a souffert de ses divisions internes après la mort de son leader historique Pierre Mamboundou en octobre, laissant clairement la voie libre au PDG.

Au-delà du mot d'ordre de boycott, la campagne semble ne pas avoir passionné les foules, notamment à Libreville où, pour beaucoup, le scrutin était joué d'avance.

"Moi je ne suis pas inscrit, et les législatives ça ne m'intéresse pas, on n'est pas concernés.L'opposition n'existe presque plus, le PDG fera un tabac", expliquait la veille des élections Felix Allogo, un chef d'entreprise gabonais de 31 ans.

A la mi-journée aucun incident n'a eu lieu dans les bureaux de vote, y compris à Port-Gentil, où les élections présidentielles de 2009 avaient donné lieu à des émeutes.