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Gbagbo et Soro : "Leurs candidatures relèvent de la provocation" selon Ouattara

24 septembre 2020 à 15h55
Le chef d'état ivoirien Alassane Ouattara a estimé que les candidatures de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro à la présidentielle d'octobre prochain étaient des "provocations".

"Soro, comme Gbagbo, a été écarté car son casier judiciaire n'est pas vierge. Tous deux le savaient parfaitement: leurs candidatures relèvent de la provocation (...) La place de Guillaume Soro n'est pas dans la campagne électorale, mais en prison", a affirmé le président Ouattara dans un entretien publié jeudi par l'hebdomadaire français Paris Match.

"Ce jeune homme (Soro, 47 ans), enivré par l'argent et le pouvoir, a simplement perdu la tête", a-t-il même lancé.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 14 septembre les candidatures de MM. Soro et Gbagbo à la présidentielle (ainsi que 38 autres des 44 candidatures) parce que les deux hommes avaient été condamnés à des peines de prison par la justice ivoirienne. M. Soro, qui est en France, a été condamné à 20 ans de prison pour recel de détournement de deniers publics et fait l'objet d'une procédure pour tentative d'insurrection.

L'ancien président Gbagbo, acquitté en première instance par la Cour pénale internationale (CPI) et dans l'attente d'un éventuel procès en appel, a lui été condamné à 20 ans de prison dans l'affaire dite du "braquage de la BCEAO", la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest, lors de la crise de 2010-2011. Au grand dam des opposants qui estiment que sa candidature est une "forfaiture", le Conseil constitutionnel a validé celle de M. Ouattara. La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro pour le chef de l'Etat. Le président Ouattara, élu en 2010 et réélu en 2015, a qualifié de "bêtises" les accusations de l'opposition et assuré que sa volte-face après avoir annoncé son retrait de la vie politique était uniquement dû au décès de son dauphin désigné le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts, après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.

Des violences, dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.