Gerd: le Soudan évoque un possible "durcissement", un recours devant l'ONU

Par AFP

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Le ministre soudanais de l'Irrigation a averti mercredi que son pays était prêt à durcir sa politique et recourir au Conseil de sécurité de l'ONU en l'absence d'accord sur le mégabarrage éthiopien sur le Nil.

"Pour le Soudan, toutes les options sont possibles, y compris le retour au Conseil de sécurité (et) la voie d'un durcissement politique", si "l'Ethiopie entreprend le deuxième remplissage sans accord", a déclaré Yasser Abbas lors d'une conférence de presse à Khartoum.Le Grand barrage de la Renaissance (Gerd), construit dans le Nord-Ouest de l'Ethiopie, est une source de tensions entre Addis-Abeba, Khartoum et Le Caire depuis la pose de la première pierre en avril 2011.Après une première phase de remplissage en août 2020, Addis Abeba a annoncé que la seconde aurait lieu en juillet.Selon le ministre, Khartoum s'est aussi préparé à plusieurs "scénarios techniques" dont un "ajustement de l'exploitation des barrages soudanais".Parallèlement, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a de nouveau mis en garde Addis-Abeba mercredi."Je dis à nos frères éthiopiens: ne touchez pas à une goutte de l'eau de l'Egypte parce que toutes les options sont ouvertes", a déclaré le président Sissi lors d'une cérémonie dans l'est du Caire.Il a également fait de vagues allusions aux risques engendrés par les confrontations entre Etats, assurant que "la coopération et l'entente valent bien mieux que d'autres choses".Fin mars, M. Sissi avait déjà averti d'une "instabilité inimaginable" si le barrage menaçait "une goutte d'eau" égyptienne.Les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont clôturé sans accord mardi trois jours de négociations à Kinshasa sous les auspices du chef de l'Etat congolais Félix Tshisekedi, président en exercice de l'Union africaine (UA). L'Ethiopie affirme que l'énergie hydroélectrique produite par le barrage est vitale pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants.L'Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage comme une menace pour son approvisionnement en eau.Et le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l'Ethiopie procède au remplissage complet du Gerd avant qu'un accord ne soit conclu.