Kenya: quatre survivants sauvés après six jours dans les décombres d'un immeuble

5 mai 2016 à 16h39 par La rédaction

Nairobi (AFP)

Trois femmes et un homme ont été sortis vivants jeudi des décombres d'un immeuble qui s'est effondré il y a six jours à Nairobi, un petit miracle salué par les applaudissements de la foule alors que la tragédie a déjà coûté la vie à au moins 33 personnes.

Une première rescapée, localisée jeudi matin, avait pu être dégagée de l'immeuble en milieu d'après-midi.Trois autres personnes, deux femmes et un homme, ont à leur tour été récupérés en début de soirée.

"Trois personnes ont été sauvées du bâtiment il y a quelques instants et elles sont en train d'être transportées à l'hôpital", a déclaré à l'AFP le chef de la police de Nairobi, Japheth Koome.

"Cela nous donne l'espoir qu'il y ait d'autres personnes (en vie) là-dessous et nous espérons les sortir de là.Nous faisons tout notre possible", a-t-il ajouté.

Dans l'après-midi, une première miraculée avait pu être dégagée des décombres de l'immeuble situé dans un quartier pauvre du nord-est de la capitale kényane.

Placée sur une civière, le visage couvert par un masque à oxygène, elle avait été saluée par des applaudissements tandis que plusieurs femmes, bras levés vers le ciel, se mettaient à prier.

Selon Pius Masai, chef de l'unité nationale de gestion des catastrophes naturelles, la survivante était consciente et en mesure de parler lorsqu'elle a été secourue.

Mardi, un bébé de sept mois avait été retrouvé indemne après avoir passé près de 80 heures dans "une bassine, enveloppée dans une couverture", selon la Croix-Rouge kényane.

L'enfant, prénommée Dealeryn, avait été remise à son père, qui avait évoqué "un miracle".Mais sa mère a péri dans l'effondrement de l'immeuble.

Le bilan de la catastrophe est désormais de 33 morts, quatre nouveaux corps ayant été découverts mercredi soir.Ce bilan pourrait encore s'alourdir car près de 80 personnes manquent toujours à l'appel.

- Recherches dans la rivière -

La Croix-Rouge ignore toutefois si tous les disparus se trouvaient dans l'immeuble au moment du drame.Les recherches ont par ailleurs été élargies à la rivière de Mathare, qui borde l'édifice, les secours craignant que des habitants, pris de panique, aient plongé dedans au moment où leur immeuble s'écroulait. 

Le bâtiment de six étages s'est affaissé sur lui-même vendredi soir dans le quartier populaire de Huruma, au nord-est de la capitale kényane, en raison de pluies torrentielles et de la mauvaise qualité de la construction.

Les pluies de vendredi avaient provoqué des inondations dans de nombreux quartiers de la capitale et causé la mort d'au moins sept autres personnes.

Livré il y a deux ans, le bâtiment effondré avait été frappé d'un arrêté de démolition.Mais cette décision n'avait été ni respectée par les propriétaires, ni mise en application par les autorités.

Deux frères, propriétaires de l'immeuble, ont été arrêtés puis remis en liberté sous caution, tandis que les enquêteurs tentent de rassembler des preuves en vue d'éventuelles poursuites.

Dans ce genre d'immeuble, chaque famille occupe bien souvent une seule pièce et partage avec les autres toilettes et sanitaires sur le palier.L'immeuble comptait 198 pièces et une chambre y était louée environ 2.500 shillings kényans par mois (25 euros), ce qui le plaçait tout en bas de l'échelle immobilière à Nairobi. 

Plusieurs bâtiments se sont effondrés ces dernières années à Nairobi et dans d'autres villes du Kenya, en pleine vague d'euphorie immobilière et de constructions tous azimuts. 

La qualité des matériaux ou la vitesse excessive de construction sont régulièrement mises en cause, ainsi que la capacité de promoteurs peu scrupuleux à contourner la réglementation moyennant des pots-de-vin.