L'Afrique de l'Est appelle l'Ethiopie à plus s'engager contre les shebab

25 novembre 2011 à 16h26 par La rédaction

ADDIS ABEBA (AFP) - (AFP)

Les dirigeants d'Afrique de l'Est ont appelé vendredi l'Ethiopie à davantage s'engager dans la lutte contre les insurgés islamistes shebab que mènent le gouvernement de transition somalien (TFG), l'Union africaine (UA) et le Kenya en Somalie.

Réunis en sommet à Addis Abeba, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), organisation régionale dont l'une des missions est le maintien de la paix, a "appelé le gouvernement éthiopien à soutenir les opérations du Kénya, de (la Somalie) et de l'Amisom," a déclaré à la presse son secrétaire exécutif, Mahboub Maalim, sans plus de détails.

L'IGAD regroupe l'Ouganda, la Somalie, l'Ethiopie, Djibouti, le Kenya, le Soudan et, désormais aussi, le tout jeune Soudan du Sud.Les présidents sud-soudanais, Salva Kiir, et ougandais, Yoweri Museveni, n'étaient cependant pas présents vendredi.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Dina Mufti, a précisé qu'Addis Abeba se préparait à fournir "toutes sortes de soutiens" à l'opération des Kényans, de l'UA et du TFG."Ils pourraient être militaire, politique, diplomatique ou autre," a-t-il ajouté, sans exclure que l'Ethiopie s'engage à un déploiement militaire en Somalie.

Addis Abeba continue de démentir avoir déjà envoyé des troupes en Somalie.Mais des témoins ont affirmé que des soldats éthiopiens avaient bel et bien traversé la frontière le week-end dernier, une opération qui a pour effet de resserrer l'étau contre les shebab sur un nouveau front sud et centre-ouest.

Les rebelles étaient déjà sous la pression du TFG et de la force de l'UA, l'Amisom, installée à Mogadiscio, où ils ont abandonné leurs positions clé cet été.L'Amisom est composée de 9.700 soldats ougandais et burundais, qui seront bientôt rejoints par des troupes de Djibouti.

Au sud, les insurgés font en outre face depuis mi-octobre à une offensive militaire du Kenya, freinée depuis le début par les intempéries.Nairobi, qui accuse les rebelles d'enlèvements et attaques sur son sol, envisage d'intégrer ses troupes à l'Amisom, ce que l'IGAD a encouragé vendredi.

L'organisation "appelle le Kenya à considérer la possibilité d'intégrer ses forces dans l'Amisom et de consolider la sécurité et la stabilité en Somalie", a poursuivi son secrétaire exécutif.

La semaine dernière, l'UA s'était déjà dite favorable à un renfort de troupes kényanes dans l'Amisom.

Les appels se sont multipliés ces derniers temps pour un renfort du contingent de l'Amisom en Somalie, un pays en état de guerre civile depuis 20 ans et aujourd'hui aussi traversé par une crise humanitaire, conséquence de la terrible sécheresse qui a récemment frappé la Corne de l'Afrique.