L'avenir du Soudan, objet de toutes les inquiétudes à l'ONU

Par La rédaction

NEW YORK (AFP)

La très probable séparation du Soudan en deux Etats et les risques qu'elle génère pour la paix en Afrique seront vendredi au centre de toutes les inquiétudes lors d'un sommet en présence de Barack Obama.

Le président américain a déjà fait savoir qu'il allait adresser un message "vigoureux" sur la nécessité d'organiser en temps et heure le référendum crucial de janvier 2011.

Les présidents rwandais, éthiopien, kényan, ougandais, gabonais, les deux vice-présidents soudanais, le Premier ministre néerlandais, le vice-Premier ministre britannique, les ministres des Affaires étrangères de France, d'Allemagne, de Norvège, d'Inde, d'Egypte, du Brésil, du Japon et du Canada seront présents à ce sommet.

Le sujet nécessite "une vraie gestion de la communauté internationale et des pays voisins", particulièrement dans les trois mois qui restent, avertit une source diplomatique occidentale.

Les Sud-Soudanais devront choisir le 9 janvier entre leur indépendance et le maintien dans le Soudan actuel.Selon tous les observateurs, l'indépendance l'emportera dans cette région chrétienne et animiste durement éprouvée par une guerre de 20 ans contre Khartoum.

Deux millions de personnes ont péri lors du conflit, alimenté par des dissensions ethniques, idéologiques, religieuses et liées aux ressources énergétiques, notamment le pétrole.

Jonas Gahr Stoere, ministre des Affaires étrangères de la Norvège qui avait parrainé avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni l'accord de paix de 2005 entre Khartoum et l'ex-rébellion du Sud, a prévenu que "si les choses tournent mal, les conséquences déborderont largement du Soudan".

Les préparatifs du vote ont pris du retard et les Etats-Unis menacent de prendre des sanctions supplémentaires contre le Soudan, en plus de celles prises à cause du Darfour, si Khartoum n'assure pas un bon déroulement du référendum.Ils font miroiter des investissements si ce pays obtempère.

L'indépendance imminente du Sud-Soudan inquiète les voisins à l'unité fragile comme le Tchad.Le Sud-Soudan serait le premier Etat africain à naître de l'éclatement d'un pays (l'Erythrée s'est séparée de l'Ethiopie en 1993 mais avait existé par le passé).

Si le référendum n'avait pas lieu, "l'indépendance serait atteinte par d'autres voies (référendum unilatéral, déclaration unilatérale d'indépendance) et s'accompagnerait probablement d'une reprise des hostilités", juge un diplomate occidental.

"Le Sud peut donner l'exemple de la séparation à d'autres régions et peuples du Soudan", observe ce diplomate.

Les conditions de la naissance du nouvel Etat paraissent défavorables.

"Le Sud-Soudan est encore moins démocratique, encore moins formé à devenir un Etat" que le reste du pays, selon un autre diplomate.

Les visiteurs qui se rendent à Juba, principale ville de la région, évoquent une administration très peu équipée pour prendre les rênes d'un Etat.Et la question de la répartition future de la manne pétrolière fait craindre un retour de la guerre.

La délimitation incertaine des 2.100 km de frontière entre Nord et Sud, la répartition des infrastructures et des dettes, la question de la nationalité des Sudistes restés au Nord, la crainte d'un afflux de réfugiés sont autant de sujets brûlants.

"Si la tenue du référendum est acceptée par une grande partie de la population soudanaise, les risques d'un conflit sont d'autant plus forts que d'importants contentieux n'ont pas été abordés pendant la transition qui s'achève, et ils devront être résolus dans l'urgence", note l'Institut français des relations internationales (IFRI) dans son rapport annuel.