La Libye attend l'aide étrangère pour maîtriser un énorme incendie

29 juillet 2014 à 13h56 par La rédaction

Tripoli (AFP)

La Libye attendait mardi une aide étrangère pour venir à bout d'un violent incendie, provoqué par des combats entre milices, qui ravage un important site de stockage de carburant à Tripoli et menace la capitale.   

Des combats avaient également lieu à Benghazi, dans l'est du pays, où un avion militaire engagé dans des affrontements au côté d'un général dissident contre des groupes islamistes s'est écrasé.

Face à l'anarchie en Libye, la France a annoncé son intention d'évacuer ses ressortissants de ce pays par voie maritime, après la décision de plusieurs Etats occidentaux dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Portugal et les Pays-Bas d'évacuer leur personnel diplomatique.

Depuis la chute en octobre 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après huit mois de rébellion soutenue par les Occidentaux, les autorités libyennes ne parviennent pas à contrôler les dizaines de milices formées d'ex-insurgés qui font la loi en Libye, en l'absence d'une armée et d'une police régulières bien entraînées.

Des combats entre milices rivales, ou entre groupes islamistes et soldats ou encore entre forces d'un général dissident et groupes radicaux ont coûté la vie à des centaines de personnes à travers le pays depuis des mois.

Après une matinée calme, les combats entre milices rivales ont repris en milieu de journée sur la route de l'aéroport de Tripoli, après avoir fait au moins une centaine de morts et 400 blessés depuis le 13 juillet.

Ce sont des roquettes tirées durant ces combats qui ont touché dimanche un important dépôt de stockage d'hydrocarbures, situé à proximité, y provoquant un énorme incendie.

Face à l'impuissance des pompiers libyens à maîtriser le feu, en partie en raison des combats, le gouvernement libyen a fait appel à l'aide de pays étrangers.

L'Italie doit, selon Tripoli, envoyer sept avions de lutte contre les incendies et des équipes techniques, à une date non précisée, à condition que les violences cessent.

 - Crainte d'une 'catastrophe' -

Deux immenses réservoirs de carburant étaient toujours en feu mardi.Ce dépôt de stockage contient au total plus de 90 millions de litres de carburant, ainsi qu'une cuve de gaz ménager.

Les autorités ont annoncé que l'incendie était "hors de contrôle" et dit craindre "une catastrophe humaine et environnementale aux conséquences difficiles à prévoir".

La France a confirmé avoir reçu, elle aussi, une demande d'aide mais souligné que "les violences dans la capitale rendent très difficile l'accès à la zone concernée". 

Le gouvernement a de nouveau appelé à "un cessez-le feu pour permettre aux équipes techniques et aux avions d'éteindre l'incendie le plus rapidement possible".

Les affrontements autour de l'aéroport ont éclaté après une attaque menée par des combattants islamistes et d'ex-rebelles de la ville de Misrata (200 km à l'est de Tripoli) qui tentent de chasser de l'aéroport leurs anciens compagnons d'armes venus de la ville de Zenten.

Considérés comme le bras armé de la mouvance libérale, les ex-rebelles de Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli) contrôlent l'aéroport de Tripoli et plusieurs autres sites militaires et civils du sud de la capitale.

Toutes les tentatives de médiation du gouvernement libyen pour mettre fin aux combats, ont échoué jusqu'ici.Les espoirs se tournent désormais vers le nouveau Parlement, issu des élections du 25 juin, qui pourrait imposer un arrêt des combats.

- Crash d'un avion militaire -

 

Mais des incertitudes planent déjà sur la capacité des élus à se réunir alors que Benghazi est le théâtre d'affrontements quasi-quotidiens.

Une quarantaine de personnes ont été tuées durant le week-end dans de nouveaux combats entre l'armée et des milices islamistes.

Mardi, un avion militaire engagé dans des combats s'est écrasé.Le pilote a sauté avec son parachute et il est "sain et sauf", a précisé à l'AFP le général Sagr Al-Jerouchi, "chef des opérations des forces aériennes" loyales au général dissident Khalifa Haftar.

M. Al-Jerouchi n'était pas toutefois en mesure de préciser si l'avion avait été abattu par les islamistes.

Le général Haftar mène depuis le 16 mai une opération contre les groupes "terroristes" à Benghazi.Il est accusé par ses détracteurs de mener un coup d'Etat.Benghazi est le théâtre d'affrontements quasi-quotidiens avec des groupes radicaux, dont Ansar Asharia, classé par Washington organisation terroriste.