"La vie est belle": Lazarevic, dernier otage français, est rentré, libre

10 décembre 2014 à 10h07 par La rédaction

AFRICA RADIO

Vélizy-Villacoublay (France) (AFP)

"La vie est belle de retrouver la liberté!" Serge Lazarevic, dernier otage français dans le monde jusqu'à sa libération annoncée mardi, est rentré en France mercredi matin, après plus de trois années de captivité au Sahel aux mains d'Al-Qaïda.

Blouson noir, pantalon beige et large sourire, il a été accueilli peu après 07H45 à sa descente de l'avion gouvernemental qui le ramenait de Niamey, sur la base aérienne parisienne de Villacoublay, par le président François Hollande.Sous une pluie fine et dans un vent froid, il a embrassé ses proches.

Il a ensuite longuement étreint le fils de Philippe Verdon, autre Français enlevé avec lui par un groupe d'hommes armés, alors qu'ils étaient en voyage d'affaires, le 24 novembre 2011 dans un hôtel de Hombori, dans le nord du Mali.Philippe Verdon a été retrouvé mort d'une balle dans la tête en juillet 2013.

"�?tre otage, c'est un peu compliqué, c'est pas très simple", a dit Serge Lazarevic dans un bref discours -- "je n'ai pas beaucoup de forces", s'est-il excusé."La vie est belle", lui a fait écho dans un cri de joie sa fille Diane, qui était allée le chercher mardi soir au Niger avec des responsables du Quai d'Orsay.

Il doit être conduit dans un hôpital militaire pour des examens."Le médecin lui a fait un check-up dans l'avion et il va bien", selon le ministère des Affaires étrangères.L'ex-otage a confié être "fatigué", "hyper tendu", mais "content d'être en vie" après des conditions de détention "dans l'ensemble" satisfaisantes.

Ce colosse franco-serbe de 51 ans, 1,98 m et 120 kg au moment de son enlèvement, avait été reçu mardi soir à Niamey par le président nigérien, Mahamadou Issoufou."J'ai perdu une vingtaine de kilos mais ça va, je suis en forme", avait-il déclaré lors de cette première apparition publique.

Sa barbe fournie visible sur la dernière vidéo le montrant, diffusée mi-novembre par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a laissé la place à un bouc poivre et sel bien taillé, sur un visage amaigri laissant apparaître des pommettes plus saillantes.

- Libération de prisonniers?-

Dans la vidéo, il déclarait être malade.Mais selon l'Elysée, il est "en relativement bonne santé en dépit des conditions très éprouvantes de sa longue captivité".

A l'annonce de sa libération, le président Hollande s'était félicité de ce que la France ne compte "plus aucun otage, dans aucun pays au monde".Elle "ne doit plus compter d'otages", avait-il insisté.

"Je veux lancer un message simple, clair, à tous nos compatriotes qui peuvent se trouver dans des zones à risque: faites en sorte de ne pas aller où vous pouvez être enlevés", a martelé à Villacoublay le chef de l'Etat.

"N'oubliez jamais qu'être un homme libre, c'est de faire attention à soi, partout où vous allez.Faites attention parce que la liberté, c'est plus cher que tout", a acquiescé Serge Lazarevic.

En février 2013, la France avait compté jusqu'à 15 otages en même temps dans le monde; elle en déplorait encore six au 1er janvier.Mais en avril, les quatre journalistes enlevés en Syrie ont été libérés tandis qu'un mouvement jihadiste a annoncé la mort de Gilberto Rodrigues Leal, capturé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali.Le guide de haute montagne Hervé Gourdel a, lui, été tué fin septembre quatre jours après son rapt en Algérie par un groupe lié à l'organisation Etat islamique.

Les circonstances de la libération de Serge Lazarevic n'ont pas été clairement détaillées.Selon une source sécuritaire malienne, elle a eu lieu dans la région de Kidal, dans le nord du Mali.Paris a remercié les présidents du Mali et du Niger pour leur "engagement personnel", évoquant de "très longs mois" de "discussions".

Interrogé sur des informations faisant état de la libération de prisonniers d'Aqmi en échange de l'otage, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll n'a ni confirmé ni démenti."Il y a à la fois des négociations, des relais diplomatiques" et "la discrétion", s'est-il borné à dire.