Les Etats-Unis inquiets pour les "normes démocratiques" en Tanzanie

25 juin 2020 à 14h10 par AFP

AFRICA RADIO

Les États-Unis ont accusé jeudi la Tanzanie d'entraver les libertés démocratiques à quatre mois des élections, après l'arrestation cette semaine de membres de l'opposition et la fermeture d'un journal.

La police a arrêté mardi Zitto Kabwe, le leader de l'Alliance pour le changement et la transparence (ACT-Wazalendo), ainsi que huit autres membres de ce parti d'opposition lors d'une réunion interne, les accusant de participer à "un rassemblement illégal". Ils ont été libérés sous caution le jour suivant. Mardi également, le gouvernement avait retiré la licence du journal d'opposition Tanzania Daima. Le Conseil des médias tanzanien a critiqué cette décision, estimant qu'en cette période pré-électorale "les citoyens ont besoin d'une extension plutôt que d'un restriction des tribunes d'expression". Dans un communiqué, l'ambassade des États-Unis a exprimé son "inquiétude face aux actions récentes du gouvernement tanzanien susceptibles de porter atteinte aux normes démocratiques"."Ces actions font suite à un nombre déconcertant d'intimidations envers des membres de l'opposition, de la société civile et des médias", écrit-elle.L'opposition craint que les élections prévues en octobre, dont la date exacte n'a pas encore été fixée, ne se tiennent dans un climat de violence et d'intimidation. Le 9 juin, le chef du principal parti d'opposition et détracteur du président John Magufuli, Freeman Mbowe, qui a annoncé sa candidature, avait été hospitalisé après une agression, dénoncée par son parti comme "lâche" et "politiquement motivée".Son parti a déclaré jeudi ne pas avoir confiance dans les enquêtes de la police, qui a émis des doutes sur le récit de Freeman Mbowe et réaffirmé qu'il n'y avait pas de preuve.Lundi, l'Inspecteur général de la police Simon Sirro a évoqué des poursuites pour diffusion de fausses informations contre l'opposant si ses affirmations se révélaient fausses.M. Magufuli, s'est attaqué depuis sa prise de fonctions fin 2015 à la corruption mais fait l'objet de critiques pour son style autoritaire, marqué notamment par des disparitions et agressions des détracteurs du gouvernement et du chef de l'État.