Mali: Bamako essaie de calmer le jeu face aux coups portés à la réconciliation

25 septembre 2019 à 16h42 par AFP

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Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, s'est employé mercredi à calmer le jeu après la décision prise par une coalition de groupes armés de suspendre sa participation à un dialogue national en faveur de la paix dans ce pays en guerre.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) a annoncé mardi se mettre à l'écart de l'initiative politique lancée en mai par le président Ibrahim Boubacar Keïta. Elle a invoqué de récents propos de ce dernier ouvrant la porte selon elle à une rediscussion de certains termes de l'accord d'Alger de 2015 censé ramener la paix.La CMA est l'un des principaux signataires de l'accord d'Alger. Sa décision de ne plus prendre part pour le moment au "dialogue national inclusif" est de nature à susciter l'inquiétude, alors que la situation sécuritaire continue à se dégrader dans le pays en proie depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes, et aux violences interethniques meurtrières.L'annonce de la CMA est intervenue à la veille d'une réunion internationale au cours de laquelle la situation au Mali devait être discutée mercredi, en marge de l'assemblée générale des Nations unies à New York.Le chef de la diplomatie malienne a appelé la CMA à revenir sur sa décision et a assuré auprès de l'AFP que le président n'avait eu aucune intention de remettre en cause les grands principes de l'accord d'Alger.Dans un discours télévisé, le président malien a dit samedi "réaffirmer l'attachement du gouvernement malien à cet accord, quitte à en discuter certaines dispositions, l'essentiel étant d'en conserver l'esprit"."Il n'y a pas l'ombre d'un doute quant à la détermination du gouvernement à continuer la mise en oeuvre de l'accord", a déclaré Tiébilé Dramé, joint par téléphone.Le président a voulu que le dialogue national soit l'occasion pour tous les Maliens de discuter de l'accord, d'exprimer leurs éventuelles réserves et finalement de se "l'approprier", a-t-il ajouté. "Bien entendu", les grands principes en demeureraient.Il en a appelé à "la CMA en premier lieu et à tous les signataires de l'accord d'Alger pour qu'on calme le jeu".La décision de la CMA survient une semaine après le report d'une réunion du comité de suivi de l'accord (CSA), prévue à Kidal (nord-est du Mali). Kidal est sous le contrôle d'une des composantes de la CMA. Les voisins du Mali y soupçonnent ou y dénoncent des alliances entre séparatistes et jihadistes. Pour eux, Kidal est devenue une base arrière d'attaques jihadistes.Le ministre a assuré que le report du CSA avait été dicté par le calendrier intérieur malien et pas par les accusations des voisins du Mali. "Le report du CSA n'est pas synonyme de déraillement du processus, il ne faut pas donner l'impression que le processus est en train de dérailler".