Maroc: une nuit d'audience pour juger un jeune rappeur

Par La rédaction

CASABLANCA (Maroc) (AFP) - (AFP)

Accusé d'agression, Moad Al-Haqed, un jeune rappeur marocain de 24 ans, connu pour ses chansons très critiques à l'égard du pouvoir, a été jugé pendant la nuit de mardi à mercredi.

Ce procès devant le tribunal de Casablanca, après avoir été reporté plusieurs fois, a débuté mardi à 18h00 (GMT) et s'est prolongé jusqu'à mercredi à l'aube.Le jugement sera rendu jeudi, a annoncé la cour.

Moad Al-Haqed, militant du Mouvement du 20 février --et détenu depuis le 10 septembre pour "agression" d'un contre-manifestant -- a été jugé en présence de nombreux jeunes du mouvement contestataire du 20 février, qui revendique des réformes politiques profondes, l'élimination de la corruption et une monarchie parlementaire, à l'image de l'Espagne.

"Ce procès n'est pas un procès ordinaire.C'est un procès politique qui oppose les adversaires et les partisans du 20 février", a déclaré l'un des avocats du rappeur.Les chansons de Moad Al-Haqed, sont très écoutées notamment sur les réseaux sociaux.Une pétition sur internet appelle à sa libération.

Dans la salle d'audience où les jeunes avaient pris place avant l'ouverture, la police a vainement tenté de séparer les hommes des femmes, comme le veut la pratique dans les tribunaux marocains.

"Regardez cette photo.On y voit le plaignant en train de manifester contre un journal indépendant quelque jours seulement après sa soi disant agression, alors qu'il devrait être dans un lit d'hôpital", a déclaré devant le juge Me Naïma Elguellaf, l'une des avocates de Mouad Al-Haqed.

Selon l'un des avocats du plaignant les témoins à décharge se sont entendus pour livrer une même version des faits."Selon ces témoins, qui sont des amis de Mouad, mon client aurait lui même appelé l'ambulance et fait semblant de tomber pour qu'il soit transporté.Ils pensent ainsi rendre service à leur ami", a-t-il dit.