Meurtre d'un Mozambicain en Afrique du Sud: les policiers nient les faits

8 mars 2013 à 15h56 par La rédaction

BENONI (Afrique du Sud) (AFP) - (AFP)

 Neuf policiers sud-africains, accusés du meurtre d'un Mozambicain qu'ils ont traîné menotté à l'arrière de leur véhicule, ont comparu vendredi devant un tribunal où ils demandent une libération sous caution, contestant les faits.

Ils sont inculpés du meurtre, le 26 février, de Mido Macia, 27 ans, qui est décédé au commissariat de Daveyton, une township de la banlieue est de Johannesburg, après une interpellation mouvementée, dont les images ont scandalisé le monde entier: à l'occasion d'un contrôle pour un taxi collectif mal garé, on y voit le jeune homme, encerclé par les agents puis menotté et traîné au sol attaché à un fourgon de police sous les yeux des passants ahuris.

La victime est morte un peu plus de deux heures plus tard au commissariat.

Dans leurs dépositions devant le tribunal de Benoni - l'ancienne localité blanche à laquelle était rattachée Daveyton -, les neuf hommes ont décrit Mido Macia comme un homme violent, qui a résisté à son arrestation, après les avoir insultés.

Presque tous ont fait part de leur "choc" et de leur "surprise" en apprenant sa mort, alors, a dit l'un d'eux, qu'"il ne s'était pas plaint".

Aucun des policiers n'a expliqué pourquoi, alors que des renforts avaient été envoyés car la foule devenait hostile, ils ont menotté le chauffeur du taxi collectif à l'arrière du fourgon.

La Cour avait auparavant appris que Mido Macia avait subi de graves blessures, aboutissant à une hypoxie - un apport suffisant en oxygène dans le corps - qui avait provoqué sa mort.

Selon un rapport du médecin légiste Reggie Perumal, il présentait d'importantes abrasions sur le visage, les membres et le corps, des coupures profondes sur les avant-bras et les poignets et des "lacérations sur le tour presque complet de la tête".

Il présentait également des contusions aux côtes, au dos, aux testicules et aux lèvres, ainsi que des marques de morsure sur la langue de même que des saignements et des traces d'eau dans le cerveau.

Le Parquet, qui entend retenir la préméditation, s'est opposé à la remise en liberté des neuf policiers, par ailleurs mis à pied par leur hiérarchie et désarmés.

L'audience a été suspendue jusqu'à lundi.

Un millier de personnes ont rendu hommage mercredi à Mido Macia dans le stade de Daveyton.Le jeune homme doit être enterré samedi près de Maputo, capitale du Mozambique.