Niger: le ministère de la Justice ravagé par un incendie "criminel" à Niamey

Par La rédaction

NIAMEY (AFP) - (AFP)

Les locaux du ministère nigérien de la Justice ont été ravagés mardi à Niamey par un incendie, a constaté un journaliste de l'AFP, un sinistre "d'origine criminelle" selon les autorités.

Le feu a détruit le premier étage du bâtiment abritant le bureau du ministre et ceux de ses collaborateurs.Les pompiers se sont employés pendant plusieurs heures à éteindre les flammes.

"Le feu s'est déclaré peu après 04H00 (03H00 GMT).Tous les bureaux du bâtiment ont cramé, y compris le bureau du ministre, réduit en cendres", a indiqué à l'AFP Ousmane Toudou, porte-parole du ministère."Tout a brûlé: les archives et les dossiers judiciaires en instance, tout".

"Si cet incendie est lié aux actions que nous menons pour l'assainissement (judiciaire), je pense que c'est peine perdue", a déclaré devant la presse le ministre de la Justice, Marou Amadou, porte-parole du gouvernement.

Sur la télévision publique, M. Amadou avait peu auparavant affirmé que "c'est un incendie d'origine criminelle".

"Les gens s'en sont pris à un symbole très fort de l'Etat et l'Etat mettra tous les moyens pour rechercher et retrouver ceux qui seraient à la base de ce qui est arrivé", a-t-il assuré.

Le ministre a en outre annoncé l'arrivée prochaine d'experts français venus contribuer à l'enquête."On a fait appel ce matin à la France, qui est disposée à nous aider dans l'enquête grâce à ses experts qui arriveront le plus rapidement possible à Niamey".

Le président Mahamadou Issoufou, au pouvoir depuis 2011, s'est rendu sur les lieux de l'incendie dans la journée.

Son gouvernement a affiché sa détermination à lutter contre la corruption, notamment parmi les magistrats.

Il a aussi demandé fin décembre la levée de l'immunité de huit députés pour leur implication présumée dans des affaires de corruption ou de détournements de fonds publics.

En août 2011, le ministère de la Justice a mis en service un numéro vert pour permettre aux citoyens de dénoncer des cas de corruption.