Niger: le principal opposant incarcéré depuis trois mois, autorisé à se soigner en France

Par AFP

AFRICA RADIO

La justice nigérienne a autorisé le principal opposant nigérien, Hama Amadou, à quitter la prison de Filingué (ouest) où il est incarcéré depuis près de trois mois, pour aller se soigner en France, a-t-on appris jeudi auprès de son parti.

"La justice a signé une autorisation permettant à Hama Amadou à aller faire des examens médicaux et des traitements en France", a dit à l'AFP, Issoufou Issaka, un des dirigeants du Mouvement démocratique nigérien (Moden), principal mouvement d'opposition de Hama Amadou. "M. Amadou a une fréquence de trois à quatre mois pour faire un check-up. Il vient de recevoir une autorisation de quinze jours pour aller à un contrôle médical et des soins en France et revenir" au Niger pour purger le reste de sa peine, a expliqué Issoufou Issaka. M. Amadou quittera le Niger "probablement demain (vendredi) pour la France".Une source judiciaire a confirmé l'autorisation des quinze jours accordée à Hama Amadou afin de se rendre à l'Hôpital américain en France "pour subir un contrôle sanitaire que requiert son état de santé". Le détenu, principal opposant au régime nigérien, est "tenu de réintégrer l'établissement pénitentiaire' de Filingué dans "le délai maximum" des quinze jours.Hama Amadou, qui était rentré le 14 novembre 2019 d'un exil de près de trois ans, avait été incarcéré le 18 novembre pour purger les huit mois restants de sa peine d'un an de prison pour trafic de bébés.L'opposant, âgé de 70 ans, avait été condamné à un an de prison pour son implication dans un trafic de bébés avec le Nigeria et impliquant également une de ses épouses. Il avait déjà été incarcéré à Filingué en novembre 2015 à son retour d'un premier exil. En mars 2016, entre les deux tours de la présidentielle à laquelle il était arrivé deuxième sans pouvoir faire campagne en raison de son incarcération, Hama Amadou, avait été autorisé à se rendre en France pour des raisons de santé.Il n'était plus rentré au Niger jusqu'au 14 novembre 2019. Il a été désigné en août candidat à la présidentielle de décembre 2020 par son parti, le Moden.En application du code électoral nigérien, il risque de se faire écarter du scrutin en raison de sa condamnation.