Nigeria: au moins 20 morts dans un attentat près d'une église

8 avril 2012 à 12h15 par La rédaction

KADUNA (Nigeria) (AFP) - (AFP)

Au moins 20 personnes ont été tuées le dimanche de Pâques par un attentat à la bombe près d'une église de Kaduna, dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique en proie à de fréquentes attaques d'islamistes.

"Nous avons maintenant 20 morts dans une double explosion.Les bombes dissimulées dans deux voitures ont explosé juste en face de l'église", a indiqué un responsable des services de secours sous couvert de l'anonymat.Selon lui, la majorité des victimes sont des conducteurs de taxi-moto.

L'attentat n'a pas été revendiqué.Mais le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait mené une série d'attaques contre des églises et d'autres sites à l'occasion de Noël 2011.La plus meurtrière avait visé une église proche de la capitale fédérale Abuja et avait fait 44 morts.

Les forces de sécurité ont renforcé leurs patrouilles dans les zones-clés, notamment dans la capitale fédérale Abuja, où des soldats ont été envoyés pour renforcer les policiers stationnés près des églises, a constaté l'AFP.

Dans son message pascal, le pape Benoît XVI a condamné dimanche les "attaques terroristes sanglantes" qui touchent notamment les églises chrétiennes du Nigeria, un pays de 160 millions d'habitants, également répartis entre musulmans (majoritaires dans le nord) et chrétiens (essentiellement dans le sud).

"Au Nigeria qui, ces derniers temps, a été le théâtre d'attaques terroristes sanglantes, que la joie pascale donne les énergies nécessaires pour recommencer à construire une société pacifique et respectueuse de la liberté religieuse de ses citoyens", a-t-il dit.

Les informations diffèrent sur les circonstances exactes de l'attentat de Kaduna.

Selon le responsable des secours, il s'est agi de deux voitures piègées.

Mais selon un policier interrogé sur place, un kamikaze conduisant une voiture bourrée d'explosifs a été stoppé à un barrage près d'une première église, a fait marche arrière et s'est dirigé vers une autre église avant d'actionner sa bombe devant un hôtel voisin.

D'autres voitures ont été endommagées mais il n'était pas possible de savoir si elles transportaient des explosifs, a ajouté le policier.

Un porte-parole de la police, Aminu Lawal, s'est contenté de dire que les enquêteurs tachaient de clarifier les faits.

Un cordon de sécurité a été très vite mis en place.

"Alors que nous étions sur les lieux, deux corps ont été emmenés dans un véhicule avec 10 blessés.Les opérations de secours étaient en cours et nous avons été chassés par des policiers et des soldats qui ont établi un cordon de sécurité", a indiqué à l'AFP un habitant. 

Le président nigérian Goodluck Jonathan, confronté à une insurrection des islamistes de Boko Haram qui a fait plus de mille morts depuis 2009, avait exhorté samedi, à la veille de Pâques, le pays à faire face aux défis du moment.

"Mon message à la Nation est que nous devons continuer à avoir foi en notre capacité collective à surmonter tous les défis actuels.En tant que peuple croyant nous ne devons jamais succomber au désespoir", avait indiqué le président Jonathan, un chrétien du sud.

Les autorités du Nigeria avaient augmenté la sécurité dans tout le pays pour prévenir toute attaque de Boko Haram durant les fêtes de Pâques.

"Nous avons des informations selon lesquelles ces terroristes prévoient des attaques majeures à Kano, comme ils l'ont fait en janvier", a déclaré mercredi à des journalistes le lieutenant Iweha Ikedichi, porte-parole d'une force spéciale déployée dans la grande métropole du nord.

Le 20 janvier, Kano a été secouée par une série d'assauts coordonnés revendiqués par Boko Haram ayant fait 185 morts.

"Ils prévoient des attaques durant le week-end Saint, durant les célébrations de Pâques et pour cette raison nous avons intensifié nos opérations", avait expliqué le lieutenant Ikedichi.

Les activités de plus en plus meurtrières de Boko Haram montrent peu de signes d'essoufflement en dépit d'une tentative le mois dernier d'organiser des discussions indirectes avec le gouvernement mais qui ont avorté.