Nigeria: explosions dans le nord, arrestation du cerveau présumé d'un attentat

Par La rédaction

KANO (Nigeria) (AFP) - (AFP)

Deux bombes ont explosé vendredi aux abords d'un bâtiment des douanes à Maiduguri (nord), berceau du groupe islamiste Boko Haram, qui a revendiqué une série d'attaques dans la région, selon des témoins.

Ces explosions interviennent quelques heures après l'annonce par les autorités de l'arrestation du cerveau présumé d'un attentat qui avait fait 44 morts à Noël, Kabiru Sokoto.Ce haut responsable présumé de Boko Haram avait été arrêté à la mi-janvier mais était parvenu à s'évader.

Un habitant de Maiduguri a déclaré à l'AFP avoir entendu deux explosions: "Je rentrais chez moi en taxi quand la première bombe a explosé.Juste deux minutes plus tard, une autre a explosé devant nous", a déclaré Babagana Ari, dont les propos ont été confirmés par d'autres habitants.

Les explosions, selon eux, ont secoué une station de taxi-scooters située devant le bâtiment des douanes.

Le porte-parole d'une unité spéciale de l'armée créée pour traquer des membres de Boko Haram confirmé les explosions.

"Nous avons déployé nos hommes de terrain sur les lieux des explosions", a déclaré Hassam Mohammed, porte-parole de cette unité à Maiduguri.

Selon un témoin, Halilu Adam, "la première bombe avait été déposée au pied du mur du bâtiment des douanes alors que des voyageurs attendaient des taxi-scooters".La deuxième a éclaté à quelques mètres de là.Toute la zone a été bouclée par les soldats et il est très difficile" de savoir s'il y a des victimes, a-t-il ajouté.

A Abuja, les autorités ont présenté le cerveau présumé de l'attentat commis à Noël à des journalistes après son arrestation plus tôt dans la journée dans l'Etat de Taraba (est).

Offre de récompense de 50 millions de nairas

La police avait offert une récompense de 50 millions de nairas (240.000 euros) pour toute information permettant sa capture.Aucune information n'a été donnée sur le versement ou non de cette récompense.

L'évasion en janvier de Kabiru Sokoto, avait fait monter la pression sur le gouvernement et le président nigérian Goodluck Jonathan qui avait peu après limogé le chef de la police.

Kabiru Sokoto est soupçonné d'avoir orchestré l'attentat contre une église catholique à Madalla, près d'Abuja, le 25 décembre dernier quand les fidèles sortaient de la messe de la Nativité.

Il serait parvenu à s'évader le 15 janvier, au lendemain de son arrestation, alors que la police l'avait emmené chez lui afin de fouiller son domicile.

Le président Jonathan, un chrétien du sud, s'efforce de mettre un terme au cycle de violences qui secoue ce pays, le plus peuplé d'Afrique avec 160 millions d'habitants et le premier producteur de brut du continent.

Le Nigeria est divisé entre le Nord, à majorité musulmane, et le sud, majoritairement chrétien.

Boko Haram cible généralement des commissariats de police et autres symboles de l'autorité.

Le 20 janvier, le groupe a ainsi procédé à une série d'attaques coordonnées spectaculaires ayant principalement visé des commissariats et fait au moins 185 morts à Kano, la grande métropole du nord.

Depuis, il a revendiqué d'autres attaques de moindre envergure dans différentes villes du nord, dont Kaduna.

Selon l'organisation Human Rights Watch, les violences revendiquées par Boko Haram ont fait plus de 900 morts depuis juillet 2009.

Dans un entretien sur la télévision France 24 qui doit être diffusé samedi, le président nigérien Mahamadou Issoufou, a déclaré que le Niger, le Nigeria et leurs voisins d'Afrique de l'Ouest doivent empêcher une "synergie" entre les islamistes nigérians de Boko Haram et les jihadistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) opérant dans le Sahel.

"Il y a des indications qui laissent supposer qu'il y a des liens entre Boko Haram et Aqmi, et même entre Boko Haram, Aqmi et les shebab (insurgés islamistes) de Somalie", a-t-il déclaré.

Révélé fin janvier, un rapport d'une mission de l'ONU chargée d'évaluer l'impact de la crise libyenne au Sahel évoque la menace que fait peser sur la région Boko Haram, et les liens que ce groupe a tissés avec Aqmi, qui retient depuis septembre 2010 quatre Français enlevés dans le nord du Niger.