Nigeria: un syndicat suspend sa grève pour le paiement des subventions

24 août 2012 à 10h52 par La rédaction


ABUJA (AFP) - (AFP)

Le principal syndicat des travailleurs de l'essence, le NUPENG, a mis en suspens la grève organisée pour protester contre le refus du gouvernement de verser des subventions aux importateurs d'essence, après des négociations dans la capitale du pays.

"L'action a été interrompue...D'ici deux semaines nous serons de retour, pour examiner à nouveau les problèmes", a déclaré à des journalistes à Abuja Igwe Achese, président de l'Union nationale des travailleurs du pétrole et du gaz naturel.

Il a ordonné aux conducteurs de camions-citernes de reprendre la distribution de carburant à Abuja, qui est touchée par la pénurie depuis la semaine dernière, provoquant de longues files d'automobilistes aux stations services.

"Nous avons aussi ordonné immédiatement que nos conducteurs de camions-citernes retournent au travail et s'assurent que le produit soit livré dans Abuja", a-t-il indiqué.

Sous la panique, de longues queues s'étaient formées mercredi à Lagos.

Le NUPENG avait appelé à la grève à partir de vendredi, mais le gouvernement a conclu une trève avec ses dirigeants afin de l'éviter.

Le syndicat dénonce le fait que 15.000 de ses adhérents n'ont pas été payés par les vendeurs d'essence, et affirme que le gouvernement est responsable de ces retards parce que les autorités n'ont pas versé de subventions de l'essence à ces vendeurs.

Ceux-ci ont déclaré ne pas pouvoir payer les conducteurs de camions-citernes à cause d'un manque de liquidités.

Le gouvernement avait promis d'examiner de près le paiement des subventions de l'essence après qu'une enquête a révélé une corruption massive dans le programme.

Pour rendre l'essence abordable, le Nigeria a gelé le prix du litre à 97 naira (0,60 dollar), en dessous du prix du marché, et les vendeurs d'essence comptent sur les subventions du gouvernement pour combler le manque à gagner.

Cependant, le programme de subvention s'est révélé gangréné par la corruption, notamment par des fausses déclarations et des surpaiements.

En avril, une enquête parlementaire a conclu que le Nigeria avait perdu 6,8 milliards de dollars (5,3 milliards d'euros) entre 2009 et 2011 dans le programme de subvention.

Certains importateurs ont été poursuivis en justice.