Nigeria: une prison attaquée, 119 évadés

Par La rédaction

KANO (AFP) - (AFP)

Des hommes munis d'explosifs ont attaqué une prison dans le centre du Nigeria, libérant 119 prisonniers et tuant un gardien, a indiqué la porte-parole de la prison.

Un peu plus tôt dans la journée, la porte-parole Hadiza Aminu avait affirmé que 199 détenus s'étaient évadés."Je voulais dire 119 et non 199.Les détenus qui se sont évadés étaient 119 car il y avait en tout 120 détenus et qu'un seul est resté", a-t-elle ajouté.

"Un grand nombre d'hommes armés ont attaqué la prison de Koton Karfe hier (mercredi) soir, jeté des explosifs contre les portes de l'établissement et ouvert le feu", a déclaré la porte-parole des services pénitenciers de l'Etat de Kogi.

"Après une fusillade, un de nos hommes a été tué, les assaillants ont maîtrisé les gardiens, ouvert les cellules et ont libéré 119 détenus en attente de jugement, en laissant un sur place", a-t-elle ajouté.

Des habitants de la ville ont mis en cause le groupe islamiste Boko Haram.

"Hier (mercredi) soir vers 19H00 (18H00 GMT), environ vingt hommes armés ont attaqué la prison.Ils ont jeté des explosifs pour faire sauter la porte de la prison et ont commencé une fusillade avec les gardiens", a confirmé un témoin, Isiaka Yakub."Tout indique qu'il s'agissait de Boko Haram", a-t-il dit.

Un journaliste local a aussi déclaré que les assaillants étaient venus à moto au cours d'une fusillade, le mode opératoire de ce groupe islamiste responsable d'une série meurtrière d'attaques et d'attentats contre des chrétiens et des policiers.

Au moins 185 personnes sont ainsi mortes le 20 janvier à Kano, la plus grande ville du nord.

En septembre 2010, Boko Haram avait attaqué une prison dans l'Etat de Bauchi (nord), faisant évader plus de 700 détenus.

Boko Haram est accusé d'être l'auteur d'une série d'attaques à la bombe et par arme à feu dans plusieurs régions du pays ces derniers mois, particulièrement dans la partie musulmane du nord du pays.

Les forces de sécurité avaient indiqué début février avoir arrêté un porte-parole présumé de Boko Haram, Abul Qaqa, qui selon elles est originaire de l'Etat de Kogi.Mais un homme affirmant être Abul Qaqa a dit à des journalistes que ce n'était lui qui avait été arrêté mais un des dirigeants du groupe.

Deux jours après cette arrestation, des hommes armés soupçonnés d'être membres de Boko Haram ont attaqué un commissariat de police à Ajaokuta, une autre ville de l'Etat de Kogi.

L'Etat de Kogi se trouve dans une zone tampon entre le nord du Nigeria, essentiellement musulman, et le sud à majorité chrétienne.

Il touche aussi la capitale fédérale Abuja où Boko Haram a mené une attaque-suicide à la bombe contre le siège local de l'ONU et tué 25 personnes en août 2011.

Les islamistes radicaux de Boko Haram, qui veulent instaurer la charia (loi islamique) dans le pays, le plus peuplé d'Afrique avec 160 millions d'habitants, ont intensifié leurs attaques ces dernières semaines.

La plus meurtrière a eu lieu le 20 janvier à Kano, deuxième ville du pays et grande métropole du Nord.Au moins 185 personnes avaient été tuées lors d'une série d'attentats.