Pas de confirmation officielle du meurtre de 3 militants du parti présidentiel

Par AFP

AFRICA RADIO

Le ministre congolais de l'Intérieur Henri Mova a déclaré jeudi ne pas pouvoir confirmer le meurtre par décapitation de trois militants du parti présidentiel au Kasaï dans le centre de la République démocratique du Congo, comme annoncé par la famille d'un des trois hommes.

"J'en ai entendu parler par un candidat. Il dit que trois de ses mandataires auraient été tués dans ces conditions là, mais sans indiquer les lieux et les circonstances", a déclaré à l'AFP M. Mova."Chaque matin, je suis supposé avoir toutes les informations. Celle-là ne m'a pas été remontée", a-t-il ajouté."Je ne peux pas confirmer la mort. Personne n'a vu les corps. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont été enlevés", a déclaré le candidat cité par M. Mova, Richard Ilunga, joint par un journaliste occidental."C'est dramatique ce qui est arrivé. Les trois personnes allaient recruter (...) pour notre parti. Les miliciens qui refusent d'adhérer au processus de la paix sont à l'origine de cette mort", avait déclaré la veille M. Ilunga à un correspodant de l'AFP au Kasaï.Le fils d'une des trois victimes présumées avait déclaré mercredi que son père et les deux militants avaient été interceptées sur le territoire de Dibaya dans le Kasaï central, alors qu'elles portaient des t-shirt à "l'effigie" d'Emmanuel Ramazani Shadary - le candidat de la majorité à l'élection présidentielle - "avec le logo du PPRD", le parti présidentiel."Ils ont été conduits en brousse où on les a décapités", a-t-il dit. "Les villageois nous ont confirmé qu'ils ont été tués", a-t-il ajouté, affirmant être en train de "chercher les corps mais sans succès".Une autre source consultée par l'AFP avait fait état de la mort de deux mandataires du PPRD sur ce territoire, sans confirmer la mort d'une troisième personne, ni le mode opératoire par décapitation.La région diamantifère du Kasaï a basculé dans la violence entre septembre 2016 et mi-2017, après la mort d'un chef coutumier tué dans un assaut des forces de sécurité en août 2016.Les affrontements entre forces de sécurité et les milices de Kamuina Nsapu ont fait plus de 3.000 morts et d'un million de déplacés, selon les Nations unies.Deux experts de l'ONU ont été tués le 12 mars 2017 à Bukonde dans ce même territoire de Dibaya.