Première promotion de gardiens de prison en Guinée-Bissau

10 novembre 2010 à 12h33 par La rédaction

BISSAU (AFP)

Quelque 78 gardiens, directeurs de prisons et de centres de rétention formés par le Portugal, ont été promus mercredi en Guinée Bissau après avoir reçu une formation, alors que ce pays ne dispose d'aucun établissement pénitentiaire digne de ce nom.

Ces personnels ont été formés à Bissau par des instructeurs portugais dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement bissau-guinéen dans le secteur de la justice.Une instruction portant sur la gestion des prisons, les techniques de détention et le respect des droits de l'homme, a précisé à l'AFP un des nouveaux agents promus.

"J'attends de vous que vous soyez des agents qui donneront le meilleur d'eux-mêmes pour un bon fonctionnement des établissements pénitentiaires, l'assistance et le respect scrupuleux des droits des prisonniers et personnes détenues", a déclaré le ministre de la Justice, Mamadù Djalo Pires, en s'adressant à la nouvelle promotion.

"Une de nos priorités est la construction et la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires, la formation de nos agents et la réintégration sociale des prisonniers", a ajouté le ministre.

Environ un millier de personnes sont détenues dans ce pays de 1,5 million d'habitants, le plus souvent dans des bâtiments vétustes, peu sécurisés, d'où les évasions sont très nombreuses.

Seulement deux petits établissements pénitentiaires ont été entièrement réhabilités avec l'aide de l'ONU, à Mansoa (60 km au nord de Bissau) et Bafata (150 km à l'est).Ils ont une capacité respective de 35 et 45 détenus et seront ouverts en décembre, avec les personnels venant d'être promus.

Bissau, la capitale, ne dispose d'aucune prison, mais de trois centres de rétention dans un état de dégradation très avancé.L'ancienne prison centrale, située à la périphérie nord, avait été détruite pendant la guerre civile de 1998-1999.

La Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise devenue indépendante en 1974, est confrontée depuis à une instabilité chronique dans laquelle l'armée joue un rôle important.