Présidentielle au Niger: Bazoum accroit son avance, selon des résultats partiels

Par AFP

AFRICA RADIO

L'ancien ministre Mohamed Bazoum, candidat du parti au pouvoir au Niger, avait encore accru son avance jeudi soir selon les résultats partiels du premier tour de la présidentielle du 27 décembre alors que les résultats de 156 des 266 communes ont été compilés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), selon son site.

Selon une source proche du pouvoir, le résultat devrait être annoncé vendredi. Jeudi en fin de journée, 2,7 millions de voix sur les 7,4 millions d'inscrits avaient été compilées.Bras droit du président sortant Mahamadou Issoufou, M. Bazoum a dépassé le cap du million de voix et comptait plus du double de suffrages que l'ancien président Mahamane Ousmane (425.000 voix) soutenu par le principal opposant Hama Amadou, dont la candidature n'a pas été retenue en raison d'une condamnation par la justice.Favori du scrutin, Bazoum vise une victoire au premier tour, ce qui n'est jamais arrivé dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, habitué aux coups d'Etat et en proie à des attaques jihadistes récurrentes.En raison des disparités de vote par région, il est encore trop tôt pour savoir si M. Bazoum réussira son pari face aux 29 autres prétendants dont l'ancien Premier ministre Seini Oumarou, troisième avec 220.000 voix selon les résultats partiels de jeudi.Favori du scrutin, M. Bazoum, qui a bénéficié de la machine électorale de son parti et de l'Etat, a promis de mettre l'accent sur la sécurité et l'éducation, notamment des jeunes filles, dans ce pays record mondial de fécondité avec 7,6 enfants par femme.Le président sortant Mahamadou Issoufou, 68 ans, ne se représentait pas à l'issue de ses deux mandats constitutionnels. C'est la première fois dans l'histoire du pays, qu'un président élu succédera à autre président élu."Cette nouvelle page de l'histoire démocratique de notre pays est un succès", a-t-il affirmé dans son allocution télévisée et radiophonique pour le Nouvel an.Le président Issoufou a toutefois estimé que l'année "fut une +annus horribilis+, une année horrible, surtout sur le plan sanitaire et sécuritaire. Beaucoup d'entre vous ont, durant cette année, perdu des êtres chers, tombés sur le champ d'honneur ou emportés par cette pandémie terrible, la Covid-19" et les "inondations".Il a rappelé les attaques jihadistes des camps militaires dans l'Ouest à Inatès (10 décembre 2019, 71 soldats tués) et à Chinagodar (9 Janvier 2020, 89 morts)"Nous sommes sortis de ces désastres par le haut, plus déterminés dans le combat que nous livrons depuis plusieurs années contre le terrorisme et le crime organisé. Nos forces de défense et de sécurité ont relevé la tête. Nous sommes fiers d'elles", a assuré le président.Un des principaux défis du prochain président sera de juguler les attaques jihadistes qui ont fait des centaines de morts depuis 2010, et fait fuir de leurs foyers environ 500.000 réfugiés et déplacés, selon l'ONU.