Présidentielle tchadienne: un candidat dénonce le résultat, évoque des recours

11 mai 2011 à 21h13 par La rédaction

N'DJAMENA (AFP)

Arrivé deuxième à la présidentielle du 25 avril au Tchad (6,03%) remportée par le président Deby (88,66%) et boycottée par les principaux opposants, le ministre Albert Pahimi Padacké dénonce "avec force" le résultat et évoque de futurs "recours", dans un communiqué mercredi.

"Nous ne nous reconnaissons pas dans ces résultats que nous dénonçons avec force", écrit le candidat malheureux après la proclamation lundi soir des résultats provisoires par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

"Nous constatons avec surprise la manipulation scandaleuse et éhonté du résultat du scrutin qui discrédite le Tchad", déplore M. Padacké qui se présentait pour la deuxième fois à la présidentielle.

M. Padacké, président du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad-le Réveil (RNDT-Le Réveil), longtemps membre de la majorité présidentielle, "invite ses militants à attendre dans la sérénité le mot d'ordre du parti après épuisement des voies légales de recours".

Il appelle "au calme tous ses militants, sympathisants et tous ceux qui ont cru au changement" et leur "demande de ne pas céder à la provocation du camp du MPS" (Mouvement patriotique du salut, parti présidentiel).

Les trois principaux opposants au Tchad, Saleh Kebzabo, Wadal Abdelkader Kamougué (décédé lundi) et Ngarlejy Yorongar, avaient suspendu leur participation au scrutin, appelé au boycott et dénoncé une "mascarade électorale" lors des législatives de février largement dominées par la parti présidentiel (113 des 188 sièges à l'Assemblée nationale).

Ils réclamaient notamment de nouvelles cartes d'électeurs avec M. Padacké et Nadji Madou (5,32% des suffrages) qui sont, eux, allé aux scrutin.

Le taux de participation, qui était le principal enjeu du scrutin boycotté est de 64,22%.

M. Kebzabo avait qualifié la réélection d'Idriss Deby de "rigolade"."Les chiffres (de participation) n'ont aucune valeur.Ils (le pouvoir) ont fait ce qu'ils ont voulu", avait-il déclaré.

"Saleh Kebzabo et certains de ses amis ont adopté comme stratégie (...) (de jeter) le discrédit sur une élection.(...) Ca ne nous empêche pas de savourer notre victoire", avait répondu le porte-parole du MPS, Mahamat Hissène.