RDC: l'avocat de l'ex-rebelle Ntaganda rejette les accusations de HRW

23 octobre 2010 à 10h41 par La rédaction

KINSHASA (RDCongo) (AFP)

L'avocat de Bosco Ntaganda a qualifié samedi de "dénonciations calomnieuses" les accusations de Human Rights Watch (HRW), selon qui l'ex-rebelle, aujourd'hui général de l'armée congolaise, a été "impliqué" en 2010 dans des assassinats et arrestations arbitraires.

L'ONG a accusé mi-octobre Ntaganda, ex-chef d'état-major de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), rallié à Kinshasa début 2009, d'avoir "été impliqué" notamment dans huit assassinats et sept arrestations arbitraires.

Selon HRW, la majorité des victimes étaient des proches ou anciens partisans de Laurent Nkunda, ex-leader du CNDP, arrêté début 2009 par les Rwandais au Rwanda où il est toujours détenu.

L'avocat de Ntaganda, Me Antoine Mahamba, évoque dans un communiqué des "dénonciations calomnieuses dirigées de manière téméraire et vexatoire" contre l'ancien rebelle par HRW, qui réclamait à Kinshasa son "arrestation d'urgence".

Il revient notamment sur la mort d'un colonel ex-CNDP intégré dans l'armée, tué par balles le 14 septembre à Goma (est), et de Denis Ntare Semadwinga, égorgé en juin à Gisenyi, une ville rwandaise frontalière de Goma.

"En vertu de quoi HRW ose qualifier" d'assassinat la mort du colonel, s'interroge l'avocat, ajoutant simplement que Ntaganda n'était par à Goma le jour de "ce malheureux incident".

Concernant l'autre crime auquel auraient participé, selon HRW, "au moins un garde du corps de Ntaganda (...) et des agents de sécurité rwandais", Me Mahamba "refuse de répondre à cette attaque" de l'ONG "dirigée contre le Rwanda", qui "ne concerne pas" son client, basé à Goma.

Au sujet de l'enlèvement, évoqué par HRW, en août à Goma d'un responsable d'un groupement d'ONG, violenté pendant une semaine dans un lieu secret puis relâché dans une forêt, l'avocat parle d'un "montage honteux (...) pour jeter l'anathème" sur l'ex-rebelle.

Evoquant le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale visant Ntaganda pour crimes de guerre -dont l'enrôlement d'enfants- en 2002-2003 en Ituri (nord-est), quand il était dans une milice congolaise, l'avocat déclare enfin que son client "n'était pas chargé du recrutement" et qu'il est "difficile d'affirmer avec certitude" qu'il a ordonné de commettre des exactions.