Sénégal: changement de scénario pour une série inspirée d'une retentisssante affaire de viols

Par AFP

AFRICA RADIO

Un scénariste et un producteur sénégalais de série qui projetaient de s'inspirer d'une retentissante affaire d'accusations de viols contre le principal opposant du pays ont décidé de suspendre leur projet, le temps de revoir leur copie, a indiqué lundi le gendarme national de l'audiovisuel.

La série, dont la diffusion devait débuter prochainement, devait initialement s'appeler "Thiey Adji Sarr", reprenant dans son titre le nom de la jeune masseuse qui a accusé de viols et de menaces de morts le député Ousmane Sonko, l'un des principaux rivaux du président Macky Sall.La détention pendant cinq jours début mars de M. Sonko, qui clame son innocence et dénonce un complot, a déclenché les pires troubles qu'ait connus depuis longtemps ce pays réputé pour être un rare îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest.La polémique entre les soutiens inconditionnels d'Ousmane Sonko et ceux qui louent le courage de la jeune femme a été relancée avec la diffusion début avril d'une bande annonce qui "présente Adji Sarr comme une prostituée", a dénoncé dans la presse son avocat, El Hadji Diouf."Je trouve cela cruel, inhumain et honteux. On ne va pas les laisser salir l'image d'Adji Sarr pour on ne sait quelle cause. On cherche à la diaboliser, à la décrédibiliser", a ajouté l'avocat, qui a saisi le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA) et déposé une plainte en justice pour exiger le retrait de la série.Les promoteurs de la série, dont le scénariste et acteur Aziz Niane, ont évoqué une oeuvre de fiction et se sont défendus de s'être inspiré d'une "histoire survenue au Sénégal".Ils ont aussi annoncé une modification du titre, proposant à la place "Baline Coumba", qui peut être traduit par "La femme fauteur de troubles" en langue wolof.Finalement, "le producteur et le scénariste ont décidé l'arrêt de la série pour une réécriture", a déclaré lundi à l'AFP Babacar Diagne, le président du CNRA.M. Sonko, 46 ans, a été inculpé le 8 mars pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire, après cinq jours de garde à vue.Les émeutes et pillages de grands magasins provoquées par cette affaire ont fait début mars entre 10 et 13 morts, selon le gouvernement, et au moins 13 tués et des centaines de blessés, selon l'opposition.