Somalie: 3 soldats blessés dans une attaque shebab à Mogadiscio

25 décembre 2014 à 16h13 par La rédaction


Mogadiscio (AFP)

Les islamistes shebab ont attaqué jeudi le quartier-général de la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), parvenant à s'introduire dans l'enceinte ultra-sécurisée et blessant trois soldats africains et un civil, selon l'Amisom.

Plusieurs fortes explosions et des tirs intenses ont été entendus durant plusieurs heures dans l'après-midi à l'intérieur de la base d'Halane, située à l'extrémité ouest de l'aéroport de Mogadiscio et qui abrite le QG de l'Amisom.

"La situation est totalement sous contrôle", a assuré sur son compte Twitter l'Amisom vers 17H30 (14H30 GMT), environ trois heures après le début de l'attaque, précisant que sa base avait "subi une infiltration" et que plusieurs assaillants avaient été tués, sans donner de chiffre.

"Trois soldats de l'Amisom et un contractant civil (ont été) blessés", a également indiqué l'Amisom sur Twitter, sans préciser pour qui travaillait le civil blessé.La base attaquée est une enceinte fortifiée située à l'intérieur du périmètre de l'aéroport de Mogadiscio, lui-même placé sous haute sécurité, et abrite plusieurs ambassades et des bureaux de l'ONU.

Paddy Ankunda, porte-parole de l'armée ougandaise dont un contingent est en charge de la base, a de son côté assuré que les combats étaient terminés et la situation sous "contrôle total" des soldats ougandais.Aucun tir n'était plus entendu en fin d'après-midi, a confirmé un photographe de l'AFP se trouvant à proximité du lieu de l'attaque.

"Incognito" 

"Les shebab nous ont attaqués aujourd'hui, mais nous avons réussi à repousser les assaillants.Un d'eux a été tués à l'intérieur de la base" de l'Amisom, a expliqué Paddy Ankunda à l'AFP.Il a précisé sur Twitter que les "assaillants s'étaient introduits incognito" à l'intérieur de l'enceinte, sans autre détail.

Les shebab avaient immédiatement revendiqué l'attaque dès les premiers tirs."Nos commandos sont à l'intérieur du quartier-général des troupes étrangères en Somalie", avait affirmé à l'AFP leur porte-parole militaire Abdulaziz Abu Musab.

Une source sécuritaire occidentale avait indiqué qu'entre "15 et 20" assaillants avaient attaqué la base, sans pouvoir préciser combien avaient effectivement pénétré à l'intérieur.

La base de l'Amisom est située à l'extrémité ouest de la piste de l'aéroport de Mogadiscio, à environ un km de l'aérogare civile qui n'a pas été touchée par les combats, ont assuré à l'AFP des policiers y travaillant.

L'Amisom, déployée depuis 2007 en Somalie pour combattre les shebab, compte aujourd'hui plus de 22.000 hommes.Elle a chassé depuis trois ans les islamistes de Mogadiscio puis de l'essentiel des localités qu'ils occupaient dans le centre et le sud somalien, dont ils contrôlèrent un temps la majeure partie.

"Guérilla et attentats"

Les shebab continuent néanmoins d'exercer leur autorité sur de vastes portions rurales de territoires et ont abandonné le combat conventionnel pour les actions de guérilla et les attentats, notamment à Mogadiscio.

Ils ont notamment attaqué plusieurs cibles symboliques et supposés très sécurisées depuis le début de l'année, semblant vouloir démentir leur affaiblissement et faire oublier les revers essuyés face à l'Amisom et à l'embryon d'armée somalienne qu'elle épaule.

Ils ont ainsi donné l'assaut en février et en juillet à la Villa Somalia, qui abrite le palais présidentiel et les bureaux du Premier ministre, en mai au Parlement et en août au quartier-général des services de renseignements.

Les shebab ont également revendiqué un récent attentat suicide contre un convoi de l'ONU, attaqué début décembre près de l'entrée fortifiée de l'aéroport de Mogadiscio. 

Ils ont également revendiqué plusieurs attaques dans les pays fournissant des troupes à l'Amisom, spécialement au Kenya où une série de raids a fait plus de 160 morts depuis juin.

Les islamistes restent selon les observateurs la principale menace pour la paix en Somalie, plongée dans le chaos depuis plus de deux décennies.

Le pays est privé de réelle autorité centrale depuis la chute du régime autoritaire du président Siad Barre en 1991.Le pays est depuis en état permanent de guerre civile, livré aux milices de chefs de guerre, aux gangs criminels et aux groupes islamistes.

Le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Nicholas Kay, a condamné l'attaque de jeudi, assurant que "les terroristes n'empêcheraient pas la Somalie de se relever".