Somalie: l'Amisom tue deux civils à Mogadiscio et présente ses excuses

24 novembre 2010 à 10h10 par La rédaction

MOGADISCIO (AFP)

Un convoi de la force de paix de l'Union africaine en Somalie (Amisom) a ouvert le feu par erreur sur un groupe de civils mardi à Mogadiscio, tuant deux personnes, a indiqué cette force qui a ouvert une enquête et a présenté ses excuses pour cet incident "regrettable".

"Selon les informations en notre possession, un convoi de l'Amisom quittant la base de l'aéroport a tiré accidentellement sur un groupe de civils près des locaux de l'ONU, sur la route de l'aéroport", a indiqué la force de paix dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP.

"Malheureusement, deux personnes ont été tuées et sept blessées.L'un des blessés est actuellement traité à l'hôpital de l'Amisom", précise le texte, soulignant que l'Amisom tient à disposition ses installations médicales pour les autres blessés.

Une enquête est en cours sur cet "incident triste et regrettable", selon le commandant en chef, le général Nathan Mugisha, cité dans le communiqué.

"Nous ne sommes pas certains si les soldats ont réagi à ce qu'ils ont estimé être une menace sur leur sécurité.Toutefois, tous les militaires impliqués ont été mis aux arrêts en attendant" les conclusions de l'enquête, a expliqué le général Mugisha.

"Une action appropriée sera décidée à leur encontre" une fois l'enquête terminée.

"L'Amisom prend très au sérieux sa responsabilité de protéger les civils à Mogadiscio et s'excuse pour les pertes" de ce mardi, ajoute le commandant de l'Amisom, qui dit avoir "informé" le président Sharif Cheikh Ahmed et son Premier ministre Mohamed Abdullahi Mohamed.

"Nous pouvons comprendre la colère de certains mais ce n'était qu'un incident isolé", a-t-il conclu.

L'Amisom intervient à Mogadiscio en soutien au gouvernement de transition somalien (TFG) face aux insurgés islamistes shebab qui contrôlent la plus grande partie de la ville.

Forte de plus de 7.200 militaires ougandais et burundais, l'Amisom est basée en bord de mer à l'aéroport international de Mogadiscio et est déployée en plusieurs secteurs stratégiques de la ville.

Ses hommes ne se déplacent dans les rues de la capitale qu'en de lourds convois blindés, régulièrement cibles d'attaques et d'attentats menés par les shebab.

L'Amisom est souvent critiquée par les habitants de Mogadiscio pour son implication présumée dans les échanges d'artillerie et tirs de mortier sans distinction, qui font de nombreuses victimes civiles.