Somalie: une Britannique libérée après plus de six mois de détention

Par La rédaction

NAIROBI (AFP) - (AFP)

La britannique Judith Tebbutt, otage en Somalie depuis son enlèvement début septembre 2011 dans un village de vacances au Kenya, a été libérée et était mercredi à bord d'un avion en route vers le Kenya, après s'être dit "en forme" malgré plus de six mois de captivité.

"Nous pouvons confirmer que Judith Tebbutt, qui était retenue en Somalie depuis septembre 2011, a été libérée.Notre priorité est de l'emmener dans un endroit sûr", a déclaré à l'AFP à Londres un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

Mahmoud Hirsi, un chef coutumier de la région d'Addado, dans le centre de la Somalie, avait auparavant annoncé à l'AFP la libération de l'otage britannique, indiquant qu'elle se trouvait dans la localité d'Addado en attendant "d'être rapatriée par avion au Kenya".

Selon Abdiwali Ahmed, un habitant de cette localité, située à 500 km au nord-est de Mogadiscio et à une cinquantaine de km de la frontière éthiopienne, l'avion en question a depuis "décollé (d'Addado) avec l'otage et trois autres personnes", a-t-il affirmé à l'AFP.

Dans un entretien diffusé mercredi par la chaîne britannique de télévision ITV et réalisé peu avant sa libération, Judith Tebbutt, âgée de 57 ans, s'est dit "en forme".

"Mon état est aussi bon qu'on peut l'espérer.Ma santé est bonne.Je dors très bien ici.J'ai été malade trois fois en sept mois.A chaque fois, j'ai eu des médicaments presque immédiatement et ça s'est résolu", y explique la Britannique, originaire du sud de l'Angleterre, filmée en plan serré sur son visage.

-- "mon fils a obtenu ma libération" ---

Elle a indiqué "ne pas avoir été torturée" et affirmé que son fils avait obtenu sa libération, sans savoir "comment il a fait".

"Les chefs coutumiers locaux et des associations de la société civile ont été très actifs pour résoudre cette question", a expliqué Mohamud Ibrahim, un autre chef coutumier de la région, à l'AFP.

"Il n'y a pas eu de demande de rançon, mais les frais liés à sa captivité étaient très importants", a-t-il également affirmé, sans autre détails.

Judith Tebbutt avait été enlevée dans la nuit du 10 au 11 septembre dernier dans un village touristique de luxe du nord de la côte kényane, situé à une quarantaine de km au sud de la frontière somalienne et à une cinquantaine de km au nord de l'île kényane de Lamu.

Son mari David avait été tué alors qu'il tentait semble-t-il de résister aux ravisseurs.

Le couple, les seuls occupants du complexe touristique au moment de l'attaque, avait été attaqué dans son bungalow.

Les ravisseurs n'avaient pas été clairement identifiés, pas plus que ceux qui ont détenu ensuite la Britannique.Cette dernière semble être passée d'un lieu de détention à l'autre, et entre les mains de différents groupes.

La Somalie, privée d'Etat central depuis 1991, est livrée aux miliciens islamistes shebab et aux gangs criminels, notamment de pirates, qui retiennent plusieurs centaines de marins et leurs bateaux, capturés de plus en plus loin des côtes somaliennes dans l'océan Indien.

Après Judith Tebbutt, trois autres Européennes avaient ensuite été enlevées en l'espace d'un mois au Kenya et emmenées en Somalie.Ces enlèvements, attribués par Nairobi aux insurgés islamistes shebab --qui ont nié toute implication --, avaient déclenché une intervention de l'armée kényane, entrée en Somalie à la mi-octobre pour repousser les shebab loin de sa frontière.

Une française, Marie Dedieu, 66 ans, enlevée le 30 septembre à son domicile de l'île de Manda, en face de celle de Lamu, où elle était installée depuis une quinzaine d'années, est décédée en octobre aux mains de ses ravisseurs en Somalie.

Deux employées espagnoles de Médecins sans frontières (MSF), Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, ont à leur tour été enlevées le 13 octobre dernier par des hommes armés à Dadaab, plus grand complexe de camps de réfugiés du monde situé dans l'est du Kenya, où vivent plus de 450.000 personnes essentiellement des Somaliens.

Elle avaient ensuite été emmenées en Somalie où elles sont toujours détenues.

Outre les deux Espagnoles, un agent des services secrets français et un journaliste américain, enlevés respectivement en juillet 2009 et en janvier 2012 en Somalie, sont toujours retenus en otage dans ce pays.

En janvier les forces spéciales américaines avaient libéré -- dans la même région où Judith Tebbutt a été relâchée mercredi -- deux travailleurs humanitaires, une Américaine et un Danois, enlevés en octobre en Somalie.