Soudan du Sud: Kiir gracie 30 personnes, dont un défenseur des droits de l'homme

Par AFP

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Le président sud-soudanais Salva Kiir a gracié jeudi 30 prisonniers, dont le défenseur des droits de l'homme Peter Biar Ajak, condamné en juin à deux ans de prison pour espionnage pour avoir donné des interviews à des médias étrangers.

M. Biar, un économiste formé aux États-unis, figure sur la liste de prisonniers graciés en date du 1er janvier par décret présidentiel, dont l'AFP s'est procuré une copie.Son épouse, Nyathon Hot Mai, a confirmé jeudi soir dans un tweet qu'il avait été libéré. "Mon mari, @AjakPeter, vient enfin d'être libéré par l'intermédiaire d'un décret présidentiel", a-t-elle écrit.Peter Biar Ajak avait été arrêté en juillet 2018, puis détenu pendant huit mois par les services de renseignement, sans être inculpé et avec des contacts limités avec l'extérieur.Ses six coaccusés et lui avaient été inculpés en mars 2019 à la suite d'une émeute en octobre 2018 dans le centre de détention des services de renseignement au cours de laquelle des prisonniers avaient pris en otage des gardiens avant de se rendre.M. Biar, qui préside plusieurs organisations de défense des droits humains et a travaillé pour la Banque mondiale, avait alors réussi à donner une interview à Voice of America, un média financé par le gouvernement américain. Le tribunal avait estimé que cet interview relevait de l'espionnage.L'un de ses coaccusés, l'homme d'affaires et philanthrope Kerbino Wol Agok, qui avait été condamné à 13 ans de prison pour terrorisme, espionnage et insurrection, figure également sur la liste des personnes graciées.Peter Biar Ajak avait été arrêté après avoir demandé que le président Kiir et le chef rebelle Riek Machar cèdent la place, alors que le Soudan du Sud est plongé dans un conflit qui a fait plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique.Son arrestation avait été condamnée par les États-Unis qui avaient demandé sa remise en liberté en août 2018.Le Soudan du Sud, qui a acquis son indépendance en 2011 avec le soutien essentiel de Washington, son principal donateur, a sombré dans la guerre civile deux ans plus tard lorsque Salva Kiir a accusé Riek Machar, son ancien vice-président, de fomenter un coup d'État.Les deux dirigeants ont signé en septembre 2018 à Addis Abeba un nouvel accord de paix prévoyant un partage du pouvoir. Mais les négociations pour le mettre en oeuvre avancent très lentement et la date butoir pour la formation d'un gouvernement d'union nationale a été repoussée au 20 février.