Soudan: les rebelles ont tué 17 civils au Kordofan-Sud

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Les rebelles combattant les troupes gouvernementales soudanaises dans l'Etat frontalier du Kordofan-Sud ont tué 17 civils, dont des enfants, ont rapporté samedi les média officiels.

"Dix-sept civils ont été tués jeudi, dont des enfants, et 14 blessés, notamment des femmes, dans des attaques de la SPLA à Um Dahilib et Murung, dans la région de Kalugi au Kordofan-Sud", a indiqué l'agence officielle SUNA.

Les membres de la branche nord de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), qui affrontent l'armée soudanaise dans le Kordofan-Sud depuis début juin, n'étaient pas disponibles pour commenter ces informations.

Ils avaient combattu avec les ex-rebelles sudistes pendant les 22 ans de guerre civile contre le pouvoir nordiste à Khartoum.

Selon SUNA, les combats les plus meurtriers ont eu lieu à Murung, où 16 personnes sont mortes et 11 ont été blessées.

Ils constituent selon l'agence un rejet du cessez-le-feu déclaré par le président Omar el-Béchir le mois dernier.SUNA cite le gouverneur du Kordofan-Sud, Ahmed Haroun, dénonçant le comportement de la branche Nord de SPLA qu'il accuse de cibler des citoyens désarmés.

M. Haroun est, comme le président Béchir, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre au Darfour (ouest).

M. Béchir a déclaré le 23 août un cessez-le-feu de deux semaines au Kordofan-Sud mais son gouvernement a été accusé ensuite de l'avoir violé.Il a été aussi critiqué par l'ONU et les organisations de défense des droits de l'Homme pour les restrictions imposées à l'accès humanitaire.

Des affrontements dans l'Etat proche du Nil Bleu entre l'armée et ces mêmes rebelles se sont produits dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le Nil Bleu et le Kordofan-Sud sont limitrophes du Soudan du Sud, indépendant depuis le 9 juillet après des décennies d'un conflit meurtrier avec Khartoum qui a parfois débordé dans ces deux Etats du Nord, une partie de leur population soutenant les Sudistes.

Depuis l'indépendance du Sud, le régime Béchir cherche à réaffirmer son autorité dans ses nouvelles frontières et à désarmer les milices qu'il ne contrôlait pas.

Le ministère des Affaires étrangères a affirmé samedi que l'accord de paix ayant mis fin en 2005 à la guerre Nord-Sud et ouvert la voie à une sécession du Sud-Sudan stipule le retrait des forces du SPLA au sud de la frontière.

"Ce mouvement n'est pas soudanais", a affirmé aux journalistes le sous-secrétaire du Ministère, Rahmatallah Mohamed Osmane.

"Ce qui s'est passé dans le Nil Bleu est une attaque contre le Soudan", a-t-il ajouté.