Soudan: MSF Bruxelles cesse ses activités et accuse les autorités

Par La rédaction

Khartoum (AFP)

Médecin sans frontière (MSF) Bruxelles a annoncé jeudi la cessation de ses activités au Soudan face au "refus d'accès systématique" aux populations dans les zones de conflit imposé par les autorités soudanaises.

MSF Bruxelles fait partie des trois branches de l'ONG actives au Soudan, avec les sections de Barcelone et Genève, mais était la seule à intervenir dans les régions du Kordofan-Sud et du Nil Bleu (sud).Elle est aussi active au Darfour (ouest), en proie à la guerre civile depuis plus de 10 ans.

Cette décision intervient après le bombardement, le 23 janvier, d'un hôpital au Kordofan-Sud, où des rebelles sont en conflit avec les autorités de Khartoum.MSF avait alors accusé l'armée de l'air soudanaise d'avoir "délibérément bombardé" le bâtiment.

"La réaction du gouvernement soudanais à la présence d'aide humanitaire internationale dans les zones de conflits a été brutale la semaine dernière.Un avion de chasse des forces de l'air soudanaises a ciblé et bombardé un hôpital dirigé par nos collègues de MSF", déclare le Dr Bart Janssens, directeur des opérations de MSF à Bruxelles, dans un communiqué.

Les provinces du Kordofan-Sud et du Nil Bleu sont entrées en conflit avec Khartoum juste avant l'accès à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.Le conflit est alimenté par la ranc�?ur des populations non arabes, qui se disent discriminées par Khartoum.

"Nous avons tenté d'obtenir un droit d'accès par la voie d'un dialogue ou de rencontres", poursuit le Dr Janssens, mais "nous avons constaté que le gouvernement soudanais organise des rencontres non pas pour faciliter les efforts d'aide humanitaire mais pour les contrer".

Selon des chiffres de l'ONU cités par MSF, en 2014, environ 400.000 personnes ont rejoint les rangs des déplacées dans la région du Darfour, ce qui fait au total 2,3 millions de personnes déplacées dans tout le pays et 6,9 millions de personnes nécessitant une assistance humanitaire.