Tchad: nouveau tir mortel sur un homme muni d'un couteau devant la présidence (parquet)

29 juillet 2020 à 13h18 par AFP

AFRICA RADIO

Un homme muni d'un couteau a été tué mercredi par des soldats devant le palais présidentiel du Tchad à N'Djamena, deux semaines après la mort d'un homme dans les mêmes circonstances, a annoncé le parquet à l'AFP.

"L'individu en question s'est présenté aux environs de 10 heures avec un couteau à la main devant le portail, voulant forcer l'entrée et les gradés ont tiré sur lui", a indiqué à l'AFP le premier substitut du procureur de N'Djamena, Gérard Nedeou."La victime a reçu deux balles et est décédée des suites de ses blessures" a-t-il dit sans donner plus de précisions. Le 16 juillet dernier, un homme présenté comme un déséquilibré, muni d'un couteau, avait aussi été tué par balles par les gardes du palais. L'incident avait largement fait réagir sur les réseaux sociaux alors que deux jours plutôt, des gardes tchadiens avaient tiré sur les pneus d'une voiture de l'armée française stationnée à proximité d'une résidence du président Idriss Déby Itno à N'Djamena.Les gendarmes français, à l'intérieur du véhicule, filmaient un monument en face de cette résidence "sans qu'ils n'aient conscience de la sensibilité de l'endroit", avait expliqué dans un communiqué conjoint le Tchad et l'Ambassade de France.La force française antijihadiste Barkhane au Sahel a son siège à N'Djamena.Un mois plus tôt, le 9 juin, deux militaires français avaient cette fois été blessés par balles par des gardes devant le palais présidentiel.Le Tchad est dirigé depuis près de trente ans par M. Déby, arrivé au pouvoir en 1990 par les armes, notamment avec l'aide de la France. Il a failli être renversé à plusieurs reprises par des rebelles. En février 2008, des miliciens étaient même arrivés jusqu'aux porte du palais présidentiel, avant d'être repoussés par les militaires tchadiens soutenus par l'armée française.L'année dernière, au moins un Tchadien avait été tué et un autre blessé par balle près du même palais présidentiel, devant lequel il est interdit de stationner."Les gardes de la présidence ont la gâchette très facile ces derniers temps, je ne comprends pas ce qui explique leur nervosité", a indiqué à l'AFP un conseiller à la présidence sous couvert de l'anonymat."Nous qui travaillons à la Présidence, nous avons peur, parce que ces gardes ne sont pas censés connaître tous ceux qui viennent travailler au palais" a-t-il ajouté.