Tensions soudano-éthiopiennes: Khartoum accepte une médiation émiratie

Par AFP

AFRICA RADIO

Le Soudan a accepté mardi une proposition de médiation des Emirats arabes unis pour tenter de réduire les tensions avec l'Ethiopie au sujet d'un contentieux frontalier et de la construction par Addis-Abeba d'un barrage sur le Nil.

Le conflit frontalier vieux de plusieurs décennies s'est ravivé ces derniers mois autour de la région d'Al-Fashaga, où des fermiers éthiopiens se sont installés sur des terres revendiquées par Khartoum.Le renouveau de cette dispute intervient dans un contexte déjà tendu entre les deux pays voisins, qui s'opposent au sujet de la construction controversée du méga-barrage de la "Renaissance" par l'Ethiopie, auquel s'oppose également l'Egypte.Le gouvernement de transition soudanais "a discuté mardi d'une initiative des Emirats arabes unies pour servir de médiateur entre le Soudan et l'Ethiopie dans le conflit frontalier", a dit à l'AFP le porte-parole du gouvernement Hamza Baloul.Selon lui, Abou Dhabi a également proposé sa médiation dans le dossier du barrage."Le gouvernement a exprimé sa volonté d'utiliser l'initiative (des Emirats) pour servir le plus haut intérêt du Soudan", a-t-il ajouté.Al-Fashaga, qui a été le théâtre d'affrontements soudano-ethiopiens depuis des années, se trouve à la frontière avec la région agitée du Tigré en Ethiopie où un conflit a éclaté en novembre dernier entre les autorités fédérales et régionales.Le Soudan a depuis envoyé des troupes dans la région d'Al-Fashaga, une initiative qualifiée d'"invasion" par l'Ethiopie.Une série d'accrochages mortels s'en est suivi, les deux camps s'accusant de violences et de violations territoriales.Parallèlement, Le Caire et Khartoum tentent depuis une décennie d'obtenir un accord avec Addis au sujet du barrage controversé.L'Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage comme une menace pour son approvisionnement en eau. De son côté, le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l'Ethiopie procède au remplissage du barrage avant qu'un accord ne soit conclu.