Tunisie: le Premier ministre veut des élections générales avant juin 2013

Par La rédaction

TUNIS (AFP) - (AFP)

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a estimé que les prochaines élections générales devraient se tenir avant juin 2013 et a annoncé la réactivation de la commission électorale indépendante Isie, dans un entretien à paraître mercredi dans le quotidien La Presse.

"Nous considérons que les prochaines élections ne devraient pas dépasser le mois de juin 2013.Il est préférable qu'elles se tiennent le 9 avril (fête des martyrs tunisiens, ndlr) ou à la fin du mois de juin après l'achèvement de l'année scolaire et universitaire", a-t-il déclaré.

"Nous souhaitons vivement que l'Assemblée nationale constituante (ANC) fournisse l'effort nécessaire pour accélérer le processus de rédaction de la Constitution", a-t-il poursuivi.

Elue le 23 octobre, l'ANC a pour mission principale de rédiger une nouvelle Constitution avant l'organisation d'élections présidentielle et législatives, mais les débats ont jusqu'à présent traîné en longueur.

Aucune limite n'a été officiellement fixée à la durée de la mission de l'Assemblée, mais les principaux partis tunisiens s'étaient engagés avant le scrutin à ce qu'elle dure un an.

"Nous avons décidé de reconduire l'Isie (Instance supérieure indépendante pour les élections) et il existe un accord implicite de reconduire M. Kamel Jendoubi à la tête de cette instance", a également déclaré M. Jebali.

De nombreuses voix se sont élevées au cours des mois passés pour réclamer la reconduction de l'Isie, qui a été l'architecte du scrutin du 23 octobre.

"Nous avons accusé du retard dans de nombreux domaines", a également reconnu le Premier ministre islamiste dont le gouvernement est souvent accusé d'inertie.

"Il est vrai qu'on aurait pu faire beaucoup mieux dans les dossiers des martyrs et des blessés (de la révolution), et je ne peux que me le reprocher à moi-même et à mon équipe", a-t-il dit, alors que les familles des victimes se plaignent de la lenteur des traitements judiciaire et administratif de leurs dossiers.

"On aurait pu aussi être plus rapide dans l'engagement des projets, on devrait aller plus vite", a-t-il souligné avant d'énumérer ses priorités: "logements sociaux, formation professionnelle, emploi, coût de la vie, justice transitionnelle et sécurité".

Interrogé sur les questions du radicalisme religieux et de l'identité, qui dominent le débat depuis des mois en Tunisie, M. Jebali affirme que son gouvernement "ne représente pas les intérêts d'une catégorie ou d'un parti, il est celui de tous les Tunisiens".

"Le combat du Tunisien, ce n'est pas tant de savoir s'il est musulman ou non, mais c'est surtout le travail, le coût de la vie, le loyer, le transport", a-t-il déclaré.

"Il y a en fait deux extrémismes: celui de droite et celui de gauche.Il y a deux salafismes: le salafisme djihadiste et le salafisme de l'anarchie et du chaos", a-t-il assuré."A ceux-là nous disons non, et nous disons à notre peuple que notre société est caractérisée par son attachement à la modération et à l'équilibre".

Le parti islamiste Ennahda a renoncé lundi à la référence à la charia dans la future constitution tunisienne, annonçant son soutien à l'article premier de la Constitution qui stipule que "la Tunisie est un �?tat libre, indépendant et souverain: sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la république".

Enfin, M. Jebali a "condamné fermement" les slogans antisémites scandés lors de manifestations salafistes, "car ils portent atteinte à l'Islam et à la Tunisie".