Tunisie: retour au calme dans le centre-ouest du pays

24 novembre 2011 à 11h31 par La rédaction

TUNIS (AFP) - (AFP)

Le calme est revenu dans des villes du centre-ouest tunisien théâtre de troubles dans la nuit de mercredi à jeudi, a indiqué jeudi le ministère de l'Intérieur, mais la situation restait tendue dans la région minière de Gafsa, selon des témoins.

"La situation est calme maintenant à Kasserine et Thala", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Hichem Meddeb.Des manifestations dans ces deux villes mercredi soir ont dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre et 76 personnes ont été blessées par des tirs de lacrymogènes, selon des sources médicales.

Des postes de police et des entrepôts ont été saccagés.Six personnes ont été arrêtées à Kasserine, selon M. Meddeb.

Les manifestants estimaient avoir été oubliés lors de l'hommage rendu mardi aux "martyrs de la révolution" à l'ouverture de la séance inaugurale de l'Assemblée constituante à Tunis.Les noms des "martyrs" de Kasserine et Thala, deux villes qui ont payé un lourd tribut pendant le soulèvement de décembre/janvier n'ont pas été cités, selon eux.

Plus au sud, la région minière de Gafsa a également été le théâtre de violences mercredi, et la situation restait tendue jeudi, selon des témoins.

"Des jeunes continuent de brûler des pneus à Oum Larayes et Mdhilla", deux localités près de Gafsa, selon une source locale.

Les violences ont éclaté après la publication dans ces deux villes des résultats d'un concours de recrutement à la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), principal pourvoyeur d'emplois dans la région.

Des postes de police et des bâtiments de la CPG ont été incendiés.

"La situation reste très tendue et on craint la suite de la publication des résultats prévue aujourd'hui à Metlaoui et Redeyef", deux autres villes du bassin minier, selon une autre source locale.

"Ca nous rappelle 2008", a ajouté cette source.Cette année là, des émeutes, violemment réprimées par le régime de Ben Ali, ont secoué la région pendant six mois.Les troubles de Gafsa en 2008 sont souvent considérés comme les prémisses de la révolution tunisienne de 2011.