Nord-ouest du Nigeria: 4 policiers et 2 civils tués par des hommes armés

AFRICA RADIO

6 décembre 2022 à 17h06 par AFP

Des hommes armés ont attaqué lundi une patrouille de police à proximité d'un marché dans le nord-ouest du Nigeria, proche de la frontière avec le Niger, tuant quatre policiers et deux civils, a-t-on appris mardi auprès de la police locale.

Le nord et le centre du Nigeria sont le théâtre d'activités de groupes criminels, appelés localement "bandits", forts parfois de plusieurs centaines de membres, qui attaquent et pillent des villages, tuent leurs habitants ou les enlèvent contre le paiement de rançons. Les assaillants, arrivés à moto, ont ouvert le feu sur un fourgon de police stationné à l'extérieur du marché du village de Yar Bulutu, dans le district de Sabon Birni, dans l'Etat de Sokoto. "Nous avons perdu quatre policiers dans l'attaque des bandits, ils ont également abattu deux civils", a déclaré à l'AFP Sanusi Abubakar, porte-parole de la police de l'État de Sokoto. "Nous avons lancé une chasse à l'homme pour retrouver les assaillants et nous sommes sûrs qu'ils seront appréhendés", a-t-il ajouté. Selon cette source, cette attaque pourrait avoir été menée en représailles des pertes subies par des "bandits" la semaine passée. Plusieurs ont été tués par des policiers lorsqu'ils ont déjoué une attaque lancée contre un village dans le district voisin de Silman. Les "bandits", qualifiés de "terroristes" par le gouvernement fédéral, sont motivés par l'appât du gain. Mais des analystes s'inquiètent de liens grandissants avec les groupes jihadistes du Nord-Est, qui y mènent une insurrection depuis 13 ans. L'insécurité au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, est généralisée. Chaque jour, le pays est meurtri par des violences perpétrées par des groupes criminels ou jihadistes, et les autorités, accusées d'être parmi les plus corrompues au monde, sont incapables de les endiguer. Le président Muhammadu Buhari est sous le feu des critiques après deux mandats marqués par la montée de cette insécurité, à deux mois et demi de l'élection présidentielle à laquelle il ne se représentera pas, en accord avec la Constitution.