Ouganda : libération de deux députés de l'opposition accusés d'orchestrer des meurtres

Un tribunal ougandais a libéré lundi sous caution deux députés de l'opposition emprisonnés depuis près de 18 mois après avoir été accusés d'avoir orchestré des meurtres à la machette commis par des gangs, leur camp dénonçant un complot politique.

AFRICA RADIO

13 février 2023 à 16h36 par AFP

"Muhammad Ssegirinya et Allan Ssewanyana ont été libérés sous caution aujourd'hui par le tribunal" après "près de deux ans d'agonie pour leurs familles, amis et leur parti", a déclaré à l'AFP leur avocat, Caleb Alaska. Ils ont été libérés après avoir chacun payé 20 millions de shillings ougandais (5.460 USD). Les deux hommes ont été inculpés en septembre 2021 de trois homicides et une tentative d'homicide à la suite d'une enquête sur des dizaines de meurtres à la machette survenus pendant deux mois dans le centre du pays. Leur avocat avait alors dénoncé une "persécution politique". La police les accuse d'avoir orchestré cette vague de meurtres dans la région de Masaka située à environ 150 kilomètres au sud-ouest de la capitale Kampala, où des gangs ont, selon elle, tué jusqu'à 39 personnes, principalement des personnes âgées chez elles la nuit. Les deux députés sont membres de la Plateforme d'unité nationale (NUP) du chef de l'opposition Bobi Wine, rival du président Yoweri Museveni lors de l'élection contestée de janvier 2021. Leur arrestation avait provoqué des manifestations de protestation et des heurts fréquents entre forces de sécurité et supporteurs de l'opposition. Bobi Wine - de son vrai nom Robert Kyagulanyi - a estimé que ces accusations ont été montées de toute pièces par le régime de M. Museveni pour jeter l'opprobre sur l'opposition. Yoweri Museveni, qui dirige l'Ouganda d'une main de fer depuis 1986, a remporté un sixième mandat lors de la présidentielle de 2021, un scrutin que Bobi Wine, arrivé second et régulièrement dans le viseur des autorités, a estimé truqué.