Sénégal: nouveau renvoi du procès en appel de l'opposant Barthélémy Dias

Par AFP

AFRICA RADIO

Un tribunal de Dakar a renvoyé mercredi au 2 mars le procès en appel de Barthélémy Dias, farouche opposant au pouvoir et candidat à la mairie de Dakar.

Policiers et gendarmes ont été déployés en nombre à Dakar, particulièrement autour du palais de justice où les entrées étaient filtrées, selon des journalistes de l'AFP. M. Dias, maire de Mermoz-Sacré-Coeur, une commune de Dakar, devait répondre en appel avec d'autres prévenus de la mort en 2011 d'un lutteur, Ndiaga Diouf, décrit par l'opposition comme un nervi du régime. Il avait été abattu par balle dans un contexte de violence politique. M. Dias, jugé avec une douzaine d'autres prévenus, avait été condamné en 2017 à deux ans de prison, dont six mois ferme, couverts par la détention provisoire pour "coups et blessures volontaires". Le procès en appel a plusieurs fois été renvoyé depuis. "Je renvoie le procès au 2 mars", a déclaré mercredi le président de l'audience de la Cour d'appel Mbaye Guèye, en présence de Barthélémy Dias. L'audience a été renvoyée à la demande d'un avocat d'un prévenu, a précisé Mbaye Sène, un avocat de M. Dias. Ce dernier était entouré de ses gardes du corps à son arrivée au tribunal qu'il a quitté sans incident, sans être accompagné par de nombreux partisans comme c'était le cas le 10 novembre. Son arrestation le 10 novembre alors qu'il se rendait au tribunal, en compagnie du principal opposant Ousmane Sonko, avait déclenché des heurts entre les forces de l'ordre et des partisans de l'opposition. MM. Dias et Sonko sont membres d'une même coalition pour les élections locales du 23 janvier. La comparution de M. Dias le 10 novembre faisait redouter une escalade semblable à celle qu'avait déclenchée en mars la convocation d'Ousmane Sonko par le juge, pour des viols présumés qu'il nie. Les violences avaient fait une douzaine de morts et provoqué plusieurs jours de heurts, de saccages et pillages à Dakar et dans tout le pays pourtant réputé comme un ilôt de stabilité en Afrique de l'Ouest.