Soudan du Sud: le mouvement de Machar se retire de l'organe de contrôle de l'accord de paix

AFRICA RADIO

22 mars 2022 à 17h51 par AFP

Le mouvement du vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, a annoncé mardi se retirer de l'instance chargée de contrôler l'application de l'accord de paix de 2018, menaçant un peu plus la fragile quête de stabilité du plus jeune pays du monde.

Le SPLM/A-IO, principale force d'opposition au président Salvaa Kiir, accuse l'armée et les forces loyales au chef de l'Etat de mener régulièrement des attaques contre ses bases, les dernières en date de lundi dans le nord-est du pays. "Nous ne voyons aucun intérêt de participer à des réunions improductives où des problèmes sont soulevés mais non résolus. (...) Nous arrêtons notre participation aux réunions du RJEMC", l'organisme chargé de contrôler l'application de l'accord de paix de 2018, explique le SPLM/A-IO dans un communiqué mardi. "Nous ne voyons aucune raison logique de participer à des réunions alors que nos zones sont attaquées par notre partenaire de paix sans aucune action de la part de ceux mandatés pour les tenir responsables de ces violations", ajoute le texte. Cette décision marque un nouveau revers pour la mise en oeuvre de l'accord de paix de 2018, qui reste largement inappliqué plus de deux ans après l'entrée en fonctions, en février 2020, d'un gouvernement d'union nationale avec M. Kiir au poste de président et M. Machar à celui de vice-président. Après l'indépendance obtenue du Soudan en 2011, les deux hommes avaient plongé leur pays dans une sanglante guerre civile, qui a fait près de 400.000 morts et 4 millions de déplacés, entre 2013 et 2018. Elle a pris fin officiellement en septembre 2018 avec un accord de paix actant un principe de partage du pouvoir. Mais la rivalité entre Kiir et Machar persiste et la plupart des dispositions prévues dans cet accord n'ont guère progressé, alors que le pays est en proie aux violences, à la faim et à une crise économique marquée par une inflation galopante. L'ONU a mis en garde en février contre un "risque réel de retour au conflit", alertant régulièrement sur les violences et atrocités commis dans le pays. Selon un rapport conjoint de la Mission de l'ONU dans le pays (Minuss) et du Bureau des droits de l'homme de l'ONU publié début mars, au moins 440 civils ont été tués entre juin et septembre 2021 dans la région de Tambura, dans l'Etat d'Equatoria-Occidental (sud-ouest), lors de combats entre factions pro-Machar et l'armée loyale à Salva Kiir. Dans un communiqué dénonçant les attaques de lundi, un porte-parole du SPLA-IO, la branche armée du SPLM-IO, avait affirmé que "ces agressions intentionnelles continues contre le SPLA-IO ne montrent pas seulement un manque de volonté politique, mais aussi une intention de ramener le pays à une guerre à grande échelle".