Tanzanie: le parlement élit une nouvelle présidente

AFRICA RADIO

1er février 2022 à 14h36 par AFP

Le parlement tanzanien a élu mardi une nouvelle présidente, Tulia Ackson, trois semaines après la démission de son prédécesseur dont les critiques envers la cheffe de l'Etat Samia Suluhu Hassan avaient révélé les dissensions au sein du parti au pouvoir.

Âgée de 46 ans, Tulia Ackson était vice-présidente de cette assemblée depuis 2015. "Je pense que nous avons élu la bonne personne qui mènera le parlement dans la bonne direction. Elle connaît ses limites en tant que présidente et elle sait qu'il y a une cheffe de l'État qui est Samia Suluhu Hassan", a déclaré le député William Lukuvi, qui a supervisé l'élection. Elue face à huit autres candidats de l'opposition, Mme Ackson prend la direction du parlement alors que des divisions sont apparues ces derniers mois au sein du parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi (CCM). Son prédécesseur, Job Ndugai, a démissionné le mois dernier après avoir évoqué les emprunts "excessifs" du pays à l'étranger et accusé le gouvernement de faire passer une "écuelle de mendiant". Ses propos avaient suscité la colère de la cheffe de l'Etat, également présidente du CCM, qui avait précédemment accusé ses rivaux de vouloir nuire à son leadership depuis qu'elle est devenue la première femme présidente de Tanzanie en mars 2021, après le décès soudain de John Magufuli. Ses adversaires avaient aussi déclenché un débat sur le niveau de la dette extérieure publique et privée, qui s'élevait à près de 28 milliards de dollars (25 milliards d'euros) en novembre, dont 70% dus par le gouvernement, selon les chiffres publiés par la Banque centrale de Tanzanie. Mme Hassan avait remanié son gouvernement début janvier, limogeant les ministres de la Justice, du Logement et de l'Industrie et des Investissements. Depuis sa prise de pouvoir, elle a cherché à rompre avec certaines des politiques de son autoritaire prédécesseur John Magufuli, mais a été qualifiée de "dictatrice" par l'opposition et des craintes subsistent quant à l'état des libertés politiques et des médias dans le pays.