Une icône de la révolution algérienne refuse le poste de sénatrice

AFRICA RADIO

16 février 2022 à 12h36 par AFP

Une icône de la révolution algérienne (1954-1962), Djamila Boupacha, nommée sénatrice par le président Abdelmadjid Tebboune a décliné l'offre après l'annonce de sa nomination faite mardi soir au journal télévisé et déclaré vouloir rester simple citoyenne.

"J'ai décliné cette proposition qui m'a été faite par les instances officielles en les remerciant de la confiance qu'elles ont placée en moi", a écrit Djamila Boupacha, 84 ans, dans un message publié à sa demande par Nacéra Douagui, présidente d'une association de jeunes. Nacéra Douagui a confirmé à l'AFP l'authenticité de la lettre et assuré qu'elle l'avait publiée telle quelle. Ajoutant "j'ai servi mon pays auprès de mes frères et soeurs en tant que moudjahida (combattante durant la colonisation française, ndlr) et j'ai repris ma vie de citoyenne depuis, et je tiens à le rester". Djamila Boupacha précise qu'elle a appris sa nomination au journal de 20H (19H00 GMT) de la télévision algérienne. Les deux tiers des membres du Sénat (chambre haute du Parlement) sont élus parmi les membres des assemblées populaires (députés), préfectorales ou municipales, et le dernier tiers est désigné par le président de la République. Tous les trois ans, la moitié des sièges sont renouvelés pour un mandat de six ans. Djamila Boupacha s'était engagée très jeune dans la lutte de libération de l'Algérie. Arrêtée à Alger en 1960, elle avait été violée et torturée durant sa détention. Elle avait été emprisonnée d'abord en Algérie puis en France. Son affaire avait été médiatisée par son avocate Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir qui avait publié une tribune dans le journal Le Monde pour dénoncer les méthodes de l'armée française à son encontre. Djamila Boupacha avait été libérée après les accords d'Evian (mars 1962). Son combat a inspiré de nombreux artistes dont le célèbre peintre Pablo Picasso.