Washington étend la protection temporaire aux ressortissants des deux Soudans

AFRICA RADIO

2 mars 2022 à 15h21 par AFP

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi octroyer à tous les Soudanais présents sur leur sol un statut qui protège de l'expulsion et octroie une autorisation de travail, en raison de "l'instabilité" depuis le coup d'Etat militaire à Khartoum le 25 octobre et "du conflit armé" au Soudan du Sud.

"Après un examen minutieux, j'ai décidé d'offrir la protection temporaire à tous les ressortissants du Soudan et du Soudan du Sud présents aux Etats-Unis jusqu'à ce que les conditions dans leurs pays respectifs s'améliorent suffisamment pour permettre leur retour en toute sécurité", a déclaré le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas dans un communiqué. Ce statut, accordé pour une période de 18 mois, s'applique à tous les résidents actuellement présents sur le sol américain, mais pas à ceux qui entreront à l'avenir. Les ressortissants du Soudan se trouvaient depuis 2018 dans une situation confuse: le gouvernement du républicain Donald Trump avait décidé de leur retirer la protection temporaire, mais la justice avait invalidé cette décision, empêchant de fait leur expulsion. L'administration du démocrate Joe Biden a décidé de leur donner à nouveau officiellement cette protection suite à "la prise du gouvernement par des militaires" à Karthoum, qui a entraîné "de l'instabilité politique, des violences et des violations des droits des civils". Par ailleurs, le pays souffre d'une "crise humanitaire liée à des inondations inédites", de violences communautaires et de déplacements de population, relève le ministère dans son communiqué. Quant au Soudan du Sud, les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés ont fait "des millions de déplacés", ce qui, cumulé aux inondations, a causé "la plus grave crise alimentaire depuis son indépendance en 2011", note le ministère. Plus jeune pays du monde, le Soudan du Sud a sombré dès 2013 dans une sanglante guerre civile, qui a fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés. Un accord de paix en 2018 a débouché sur un partage du pouvoir mais il reste en grande partie inappliqué et des affrontements persistent.