Angola: un parti d'opposition accuse le pouvoir d'intimidation

AFRICA RADIO

13 août 2022 à 10h06 par AFP

Le pouvoir en Angola "continue à systématiquement entraver les meetings de l'opposition, utilisant tous les moyens possibles", y compris la fermeture des stations essence sur leurs axes de campagne, a dénoncé samedi auprès de l'AFP Filomeno Vieira Lopes, président d'un petit parti d'opposition.

À moins de deux semaines des élections législatives le 24 août, qui décideront du prochain président, le pays lusophone d'Afrique australe connaît "un climat de vives tentions et de provocations", a ajouté M. Vieira Lopes, président du Bloc démocratique, qui a rejoint une coalition menée par Adalberto Costa Junior, président de l'Unita et principal opposant au président sortant Joao Lourenço. L'Unita, parti d'opposition historique, ainsi que toutes les formations réunies au sein de la coalition du Front patriotique uni (FPU) "resteront calmes pour éviter tout conflit avec les forces de défense et de sécurité", a assuré M. Vieira Lopes. Le MPLA du président Joao Lourenço, au pouvoir depuis l'indépendance du pays riche en pétrole en 1975, "fait fermer les stations essence sur les routes de notre caravane de campagne", a-t-il affirmé de Saurimo, dans l'est du pays. "En dépit des entraves, menaces et intimidations", des "bains de foule" et "un grand soutien de nombreux électeurs" ont accueilli la campagne de l'Unita et du FPU dans cette région, a-t-il affirmé. M. Vieira Lopes a souligné que l'opposition prenait la route pour faire campagne, "contrairement au MPLA dont le dirigeant prend l'avion à travers l'Angola", une critique récurrente de l'opposition contre le pouvoir. L'économiste de métier a dénoncé la grande pauvreté, le chômage, le manque d'infrastructures et de services ainsi que l'"abandon" par le pouvoir central des provinces orientales riches en diamants et autres ressources naturelles. Après plusieurs rencontres prévues samedi avec des responsables religieux et traditionnels, la caravane de l'opposition doit poursuivre vers l'est, dans une zone frontalière avec la Zambie.