Assassinat d'un défenseur des éléphants: 11 condamnations à mort en Tanzanie

AFRICA RADIO

2 décembre 2022 à 18h51 par AFP

Onze personnes ont été condamnées à mort vendredi par un tribunal de Tanzanie pour l'assassinat en août 2017 dans ce pays d'Afrique de l'Est de Wayne Lotter, célèbre défenseur de l'environnement.

Wayne Lotter, Sud-Africain de 51 ans qui vivait et travaillait en Tanzanie, où il se consacrait à la lutte contre le braconnage des éléphants, avait été abattu dans la capitale économique Dar es Salaam. Les motivations précises des auteurs n'ont pas été établies, mais ses collègues estiment que Lotter a payé de sa vie son combat pour la protection des éléphants. Durant sa lecture du jugement, la juge Laila Mgonya a déclaré que le procès "avait prouvé sans aucun doute raisonnable" les accusations portées contre les onze accusés, parmi lesquels figurent deux ressortissants burundais. "Certains des suspects, dans leurs déclarations enregistrées par les policiers, ont avoué avoir participé aux réunions de préparation et au meurtre", a-t-elle notamment souligné, ajoutant que 32 témoins avaient également étayé les accusations. "Les preuves fournies étaient suffisamment solides pour les condamner", a-t-elle affirmé. Les condamnations à mort ne sont pas rares en Tanzanie, mais elles sont généralement commuées en prison à vie. La dernière exécution remonte à 1994. Jusqu'à 22 personnes ont été accusées d'avoir organisé ou perpétré l'assassinat de Lotter, cofondateur de la branche tanzanienne de la fondation de protection de la nature Pams (Protected Area Management Solutions). Le ministère public avait abandonné les poursuites contre quatre personnes, et sept autres avaient été libérés par le tribunal lors de précédentes sessions. La Tanzanie est l'un des pays comptant la plus importante population d'éléphants sur le continent africain. C'est est aussi l'un des plus touchés par le braconnage. Selon des données officielles, la population de pachydermes y a diminué de 60% entre 2009 et 2014. Elle a ensuite remonté, de 43.000 en 2014 à 60.000 en 2018, notamment en raison des efforts des autorités qui ont créé des unités spécialisées dans la lutte contre le braconnage.