Au moins 10 civils tués par des hommes armés dans le centre du Nigeria

Par AFP

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Au moins 10 personnes ont été tuées vendredi par des hommes armés dans une attaque menée contre un village de l'Etat du Plateau, dans le centre du Nigeria, a annoncé la police.

"Vers 01H30 (00H30 GMT), le commandement a été informé d'une attaque par des hommes armés encore non identifiés dans le village de Te'egbe, dans la zone du gouvernement local de Bassa", a déclaré un porte-parole de la police, Ubah Ogaba. "Dix personnes ont été tuées et environ trente maisons ont été incendiées par les assaillants", a-t-il poursuivi. Les Irigwe, ethnie majoritairement chrétienne, vivent dans ce village. Un porte-parole local de cette ethnie, Davidson Malison, a imputé l'attaque aux éleveurs peuls. "Le village de Te'egbe (...) a été attaqué par une milice peule dans les premières heures de la journée", a-t-il écrit dans un communiqué. Une accusation rejetée par une association locale peule. "Le peuple Irigwe devrait permettre aux agences de sécurité de débusquer les auteurs de l'attaque avant de tirer des conclusions hâtives", a déclaré Malam Muhammad Nura Abdulahi, de l'Association d'éleveurs de bétail Miyetti Allah. La région de la Middle Belt, qui traverse le Nigeria d'est en ouest, est depuis des années le théâtre d'affrontements entre éleveurs musulmans et agriculteurs chrétiens pour l'accès à la terre. Selon des responsables locaux, les attaques récentes sont l'oeuvre de criminels plutôt que liées à la religion ou aux ressources naturelles. Le gouverneur de l'État du Plateau, Simon Bako Lalong, a exprimé son indignation face à cette tuerie et a promis de faire tout son possible pour retrouver les responsables. Un porte-parole de l'armée, le major Ishaku Takwa, a indiqué à l'AFP qu'une enquête est en cours. Ces derniers mois, des gangs criminels multiplient les attaques dans le centre et le nord-ouest, prenant d'assaut des villages et kidnappant des innocents pour obtenir des rançons. En août, plus d'une vingtaine de pèlerins musulmans avaient été tués dans l'attaque de leur convoi de bus près de la ville de Jos, capitale de l'Etat du Plateau. Une semaine plus tard, des hommes armés avaient pris d'assaut un village à majorité chrétienne situé à la périphérie de la ville, tuant 18 personnes. Plus de 15.000 personnes avaient fui les violences ce mois-là, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le Nigeria fait face à une myriade de problèmes sécuritaires, dont une insurrection jihadiste dans le nord-est et une mouvance séparatiste dans le sud-est. Muhammadu Buhari, élu président une première fois en 2015 puis réélu en 2019, termine son deuxième mandat sous le feu de critiques, en raison de l'incapacité des forces de sécurité à mettre fin aux violences dans le pays le plus peuplé d'Afrique.